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Axe Lolabe-Campo : Des Incertitudes planent

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

L'élan de modernisation des infrastructures routières dans la région du Sud semble marquer le pas. Le projet de bitumage de l’axe Lolabe-Campo, un segment de 40 kilomètres à quatre voies, est actuellement plongé dans une phase d’expectative inquiétante.

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Alors que cette voie express est censée agir comme un levier de croissance pour le complexe industrialo-portuaire de Kribi tout en fluidifiant le transit vers la Guinée équatoriale, les signaux émanant du ministère des Travaux publics en cette fin d'année 2025 virent au rouge. L'optimisme qui prévalait lors de la phase de planification cède désormais la place à une analyse plus rigoureuse des obstacles financiers qui entravent le lancement effectif du chantier. 

Le pivot central de cette équation financière repose sur la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC). Toutefois, le doute s'installe quant à la solvabilité immédiate de l'institution pour honorer sa promesse de 45 milliards FCFA. Cette somme n'est pas uniquement destinée au ruban d'asphalte ; elle englobe un programme plus vaste incluant la restructuration urbaine des localités traversées et des investissements à fort impact social.

Au sein des cercles décisionnels à Yaoundé, la crainte d'un défaut de mobilisation de ces ressources est ouvertement évoquée. Cette carence de liquidités place le projet dans une situation d'asphyxie financière, empêchant toute avancée concrète sur le terrain et laissant les entreprises de BTP dans l'attente d'une garantie de paiement solide.

Le tableau s'assombrit davantage avec le silence persistant de la Banque africaine de développement (BAD). Bien que sollicitée pour un cofinancement crucial, l'institution panafricaine n'a toujours pas réagi au dossier d'appel d'offres qui lui a été soumis pour examen à la mi-novembre 2025. Ce retard dans l'obtention de l'avis de non-objection crée un effet de ciseau délétère : d'un côté, une banque régionale dont on interroge la capacité de déploiement, et de l'autre, un partenaire international dont la validation se fait attendre. Cette conjoncture de « ressources insuffisantes » paralyse l'ordonnancement des travaux. Sans un alignement parfait entre ces deux bailleurs de fonds, l'infrastructure, qui doit pourtant constituer le prolongement naturel de l'autoroute Kribi-Lolabe, risque de voir ses délais de livraison reportés sine die.

L'enjeu de cette route dépasse largement le cadre du bitumage. Elle est le socle logistique indispensable pour rentabiliser les investissements massifs consentis au port en eau profonde de Kribi. En l'absence de cette voie express, l'intégration régionale avec la Guinée équatoriale reste un vœu pieux, et le potentiel de transbordement du complexe portuaire s'en trouve bridé. La résolution de ce blocage financier entre la BDEAC et la BAD est désormais impérative pour éviter que le corridor Sud ne devienne un goulot d'étranglement stratégique. Pour les autorités camerounaises, le défi immédiat consiste à rassurer ces partenaires financiers ou à explorer de nouvelles pistes de financement pour sauver ce maillon essentiel de l'économie sous-régionale.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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