Vente illicite du cacao : L’ONCC verrouille la frontière avec le Nigeria
Dernière mise à jours il y'a 4 semaineL’Office National du Cacao et du Café (ONCC) sonne la charge contre un siphonnage transfrontalier qui, bien que ralenti, continue de priver les caisses de l'État de ressources vitales.
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L'enjeu est comptable autant que souverain. en 2024, ce sont 41,4 milliards de FCFA de fèves qui se sont volatilisés vers le Nigeria par des circuits informels, principalement depuis les bassins fertiles du Sud-Ouest. Entre la nécessité de respecter les flux de la Zlecaf et l'impératif de traçabilité, Yaoundé déploie un bouclier réglementaire destiné à transformer chaque fève exportée en une donnée sécurisée et fiscalisée.
Cette contre-offensive s'inscrit dans un héritage de mesures radicales. On se souvient qu'au cours de la campagne 2022-2023, les pertes avaient culminé à 70 milliards de FCFA, poussant le gouvernement à interdire temporairement toute exportation vers le voisin nigérian. La stratégie a muté vers une approche de "formalisation contrainte". Le Nigeria est paradoxalement devenu le premier client africain légal du cacao camerounais avec 2 100 tonnes importées lors de la dernière saison. Mais cette vitrine formelle cache encore une arrière-boutique poreuse. Pour y remédier, l’ONCC accélère le déploiement du Système National de Traçabilité Unifié (SNUT), un arsenal numérique qui ne se contente plus de surveiller les cargaisons, mais garantit également la conformité aux exigences environnementales internationales, notamment le règlement de l’Union européenne contre la déforestation.
Le verrouillage des frontières terrestres et maritimes repose désormais sur une coordination millimétrée entre les Douanes, les autorités administratives et les exportateurs privés. Les corridors de sortie, autrefois sentiers de la fraude, sont progressivement équipés de terminaux de contrôle intégrés. L'objectif est de mettre fin au "paradoxe des fèves fantômes" : des tonnages massifs produits au Cameroun mais crédités aux statistiques d'exportation nigérianes. En intégrant les flux commerciaux dans le cadre harmonisé de la Zlecaf, Yaoundé cherche à stabiliser ses revenus tout en protégeant les prix aux producteurs, qui ont atteint des sommets historiques entre 3 200 et 5 400 FCFA le kilo cette année, réduisant mécaniquement l'attrait financier du marché noir.
La bataille pour le contrôle de l'or brun camerounais entre dans sa phase décisive. La réussite du SNUT et la fermeté des contrôles aux frontières détermineront si le pays peut atteindre son objectif de 350 000 tonnes déclarées d'ici la fin de l'année. Alors que les infrastructures de transformation locale montent en régime, sécuriser chaque sac de cacao devient une priorité industrielle majeure. Pour l'ONCC, le message envoyé depuis Douala est sans ambiguïté : la coopération avec le Nigeria est encouragée, mais elle doit désormais se faire à visage découvert, sous l'œil vigilant d'une administration numérique qui ne laisse plus de place à l'évasion.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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