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Transformation locale du cacao : Le Cameroun à pas de géant

Dernière mise à jours il y'a 5 mois

Dépassant la barre des 100 000 tonnes, ce succès est le résultat d’une politique du gouvernement visant à multiplier des usines sur le territoire. Cette performance est une étape importante vers la valorisation de la production nationale et l'industrialisation du pays, bien que des défis de taille subsistent.

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 L'augmentation de la transformation locale est une dynamique forte qui s’est accélérée depuis 2022. Sur les trois dernières années, les volumes de fèves de cacao transformées localement ont progressé de manière notoire. Entre 2021 et 2022, la transformation locale s'élevait à 72 000 tonnes. Ce volume a bondi à 85 672 tonnes entre 2022 et 2023 soit une progression de près de 19 %. De 2023 à 2024, la transformation a franchi le palier des 100 000 tonnes en atteignant 109 431 tonnes, marquant une augmentation de 27,7 % par rapport à l'année précédente.

Cette croissance constante témoigne d'une dynamique positive et de la volonté de créer une filière plus productive elle est directement liée aux investissements des usines locales. Des acteurs établis comme Sic Cacao (filiale de Barry Callebaut) et Chococam, ainsi que de nouveaux venus comme Neo Industry, ont considérablement augmenté leurs capacités. Par exemple, Neo Industry a récemment mis en service une usine capable de transformer plus de 32 000 tonnes de cacao par an, contribuant de manière significative à ce résultat. Le gouvernement y a joué un rôle clé en fixant pour objectif de transformer au moins 30 % de la production nationale sur place. La production cacaoyère du Cameroun s'est établie à 266 725 tonnes en 2024, ce qui signifie que la transformation locale, avec 109 431 tonnes, a dépassé cet objectif, atteignant un taux de 41 %. Ce succès montre que la politique d'industrialisation du pays porte ses fruits.

Si ce franchissement d'un cap est une réussite, il est important de noter les bénéfices et les défis qui en découlent. La transformation locale crée une valeur ajoutée significative. Un kilogramme de beurre ou de poudre de cacao vaut beaucoup plus cher sur le marché international qu'un kilogramme de fèves brutes. Cette valorisation permet d'augmenter les revenus de l'État, mais aussi de créer des emplois qualifiés.  Malgré ces avancées, des défis persistent. Le coût élevé de l'énergie, les difficultés d'approvisionnement en fèves de qualité et une concurrence féroce sur le marché mondial sont autant d'obstacles. Les producteurs, qui sont les maillons de la chaîne, ne profitent pas toujours de manière équitable de l'augmentation des prix, et leur formation reste un enjeu crucial.


BCN

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