Suspension de visas US : L’impact économique
Dernière mise à jours il y'a 1 moisLa décision des États-Unis frappe de plein fouet 19 pays, dont la majorité sont classés comme économies fragiles ou instables (incluant la République du Congo, le Tchad, Haïti, l'Érythrée, le Yémen et la Somalie). L'impact le plus immédiat réside dans l'asphyxie progressive des flux financiers essentiels.
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Pour ces nations, les transferts de fonds des diasporas constituent souvent un pilier de l'économie, surpassant en volume l'aide publique au développement et les investissements étrangers. En coupant le pipeline de l'immigration, l'administration américaine menace la continuité de ces remises migratoires, privant ainsi des millions de ménages d'un revenu vital. Parallèlement, la mesure entraîne une perte sèche en capital humain. L'interdiction d'accès aux visas coupe les ponts pour les étudiants, les chercheurs et les professionnels qui dépendent du système universitaire et des marchés spécialisés américains pour acquérir des formations de pointe. Cette entrave à la circulation des élites ralentit le transfert de savoir-faire et compromet les perspectives de développement à long terme de ces pays. Enfin, les restrictions sur les visas de court séjour compliquent les relations d'affaires et les échanges commerciaux, ajoutant un frein indirect à l'investissement étranger.
Contrairement à l'objectif de préservation des intérêts nationaux, cette politique migratoire génère également des dommages collatéraux quantifiables pour l'économie américaine elle-même. Le secteur universitaire est l'une des premières victimes. Les universités américaines dépendent massivement des droits de scolarité payés par les étudiants internationaux, source de revenus qui finance la recherche et les bourses internes. L'exclusion des étudiants de 19 pays représente un manque à gagner immédiat pour les institutions d'enseignement supérieur. De plus, l'interdiction, même si elle cible principalement les visas d'immigration, restreint l'apport de talents sur le marché du travail américain, contribuant potentiellement à l'aggravation des pénuries de main-d'œuvre, qu'elles soient qualifiées (domaines technologiques) ou non qualifiées (certains services). L'économie américaine se prive ainsi d'une partie de son dynamisme historique. La perte de revenus est également ressentie par le secteur du tourisme et des transports aériens.
Cette décision est profondément ancrée dans une rhétorique sécuritaire décomplexée. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a justifié la mesure en affirmant l'objectif de se protéger des ressortissants qui auraient « inondé notre nation de meurtriers, de sangsues et d’accros aux aides sociales ». L'impact économique devient ainsi le prix à payer pour une politique migratoire qui donne une priorité absolue à la sécurité frontalière, sans égard pour les conséquences sur la stabilité financière des pays les plus pauvres ni sur la nécessité de l'économie américaine de capter des talents et des revenus internationaux pour maintenir sa compétitivité mondiale.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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