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Surveillance des zones économiques : L’Afrique vise plus de 120 satellites en orbite d'ici 2030

Dernière mise à jours il y'a 4 mois

L'Afrique est engagée dans une course technologique majeure pour le contrôle de ses données et de son développement.

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Selon un rapport du Centre africain d’études stratégiques (ACFSS), le continent compte plus de 120 satellites supplémentaires en cours de développement, dont le lancement est prévu d'ici 2030. Cet effort considérable est soutenu par des États qui consacrent environ 500 millions de dollars par an à leurs programmes spatiaux. L'espace n’est plus un luxe, mais une nécessité essentielle pour la souveraineté et la résilience africaines.

Actuellement, plus de 21 pays africains ont des programmes spatiaux actifs et 18 ont lancé au moins un satellite, portant le total combiné à 65 engins (y compris des CubeSats). Derrière les 500 millions de dollars d'investissement annuel se cachent des enjeux fondamentaux. En effet, les satellites sont devenus des outils cruciaux pour la surveillance des frontières, la lutte contre le terrorisme, la contrebande, la pêche illégale et le braconnage. Ils offrent une visibilité inédite sur des zones économiques exclusives et des territoires vastes où les patrouilles terrestres sont souvent insuffisantes. La crise des câbles sous-marins de fibre optique de mars 2024 en Afrique de l'Ouest a prouvé l'importance déterminante des réseaux satellitaires (comme Starlink ou NigComSat) pour fournir une connectivité alternative et maintenir les services d’enseignement à distance et de télémédecine. L'espace est une révolution silencieuse pour le secteur agricole, qui emploie la majorité de la population. Les données satellitaires (prévisions de pluie, humidité des sols, cartographie) augmentent les rendements et offrent une capacité d’anticipation vitale face aux sécheresses et inondations.

Des nations comme l'Égypte, l'Afrique du Sud, le Nigeria et le Maroc figurent parmi les leaders de cet investissement, avec des programmes englobant l'observation de la Terre, la communication et la science (l'Afrique du Sud collaborant même au programme Artemis de la NASA).

Si l'ambition de lancer plus de 120 satellites d'ici 2030 est louable, les investissements suscitent des débats. Les critiques soulignent le risque de « prestige spatial » : des programmes nationaux coûteux et potentiellement redondants dans des pays aux besoins sociaux immenses. L'ACFSS alerte sur le fait que l’achat de données auprès de plateformes commerciales pourrait parfois s'avérer plus économique que la multiplication des lancements.

 Inaugurée en avril 2025 au Caire, en Égypte, l’agence Spatiale Africaine (AfSA) a pour mission d'harmoniser les stratégies nationales, de mutualiser les coûts, de favoriser les missions conjointes et de veiller à ce que l'activité spatiale serve directement l'Agenda 2063 de l'Union africaine. Des initiatives comme l'African Development Satellite Initiative (AfDev-Sat), portée par l'Égypte, forment déjà des ingénieurs venus de 34 pays. Parallèlement, l’AfSA pilote le Partenariat spatial Afrique–UE, doté de 100 millions d’euros, pour renforcer les capacités africaines en surveillance du climat et gestion des risques, tout en garantissant la maîtrise par l'Afrique des données générées. 

Le développement de plus de 120 satellites d'ici la fin de la décennie marque un nouveau palier pour le développement africain. Le défi est désormais d'assurer que l'Agence spatiale africaine et les collaborations régionales puissent transformer cet effort financier en une force cohérente et unifiée. Le succès de cette vague d'investissements spatiaux est déterminant pour l'autonomie du continent, mais aussi pour sa place future dans l'économie numérique et la lutte pour la sécurité et la résilience.


BCN 


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bernardo carlos ndjomo
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