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SONARA : FACE À L'URGENCE DE PRODUCTION

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

La dépendance totale du Cameroun aux marchés internationaux pour son approvisionnement en carburants est devenue une préoccupation majeure pour la stabilité macroéconomique.

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Le pays est contraint d'importer la totalité des produits pétroliers consommés sur son territoire, six années après l'incendie qui a ravagé la Société Nationale de Raffinage (Sonara). La gravité de la situation a été quantifiée par le Ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, qui a dévoilé le coût de cette inaction lors de la présentation du budget 2025 de son département.

Les chiffres communiqués par le gouvernement confirment l'ampleur du déficit de production : entre janvier et octobre 2025, le Cameroun a dû faire venir de l'étranger près de 1,8 million de tonnes métriques (TM) de produits pétroliers finis. Ces volumes se répartissent entre 1,6 million de TM de super, gasoil et pétrole lampant, et 208 210 TM de gaz domestique. L'obligation d'acheter ces produits sur les marchés mondiaux génère une ponction sévère sur les réserves de devises du pays et contribue de manière significative à l'élargissement de son déficit commercial. Le coût financier et le risque d'approvisionnement lié à l'absence d'une raffinerie opérationnelle justifient la mobilisation récente des autorités et des institutions financières.

Malgré l'urgence, le projet de réhabilitation piétine depuis 2019, en partie à cause de l'évolution du coût des travaux. Le Premier ministre Joseph Dion Nguté a officialisé, le 26 novembre 2025, le nouveau devis issu de l'étude de faisabilité détaillée menée par la société française Axens : l'investissement requis est désormais de 300 milliards de FCFA, soit une augmentation par rapport à l'estimation initiale de 250 milliards de FCFA. La validation de ce montant constitue une étape administrative nécessaire pour débloquer les financements.

La perspective d'une relance de la Sonara a déclenché l'intérêt de puissants acteurs financiers, avec des propositions concrètes. La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a affiché une volonté proactive de soutenir le projet : le gouverneur, Yvon Sana Bangui, a confirmé dès le 29 septembre 2025 la possibilité de recourir au Guichet B de la banque centrale. Ce dispositif, qui cible spécifiquement le refinancement des crédits destinés à l'investissement productif, pourrait prendre en charge jusqu'à 60% des fonds nécessaires à la réhabilitation. Parallèlement, l'intérêt s'est manifesté au niveau international : une délégation composée de représentants de l'Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), de la banque néerlandaise ING et de la Mauritius Commercial Bank (MCB) s'est rendue à Limbé le 17 juin 2025 pour des entretiens avec les responsables de l’entreprise. Cette démarche concrète des banques étrangères, couplée à l'offre de la banque centrale, ouvre des perspectives concrètes de financement de ce projet.

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bernardo carlos ndjomo
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