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Sécurité alimentaire : Le développement de l'agriculture en Afrique tributaire de l'accès à l'eau

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

La mutation des zones rurales au sud du Sahara repose désormais sur la maîtrise des ressources hydriques. Selon le dernier rapport de la Banque mondiale publié en mars 2026, la généralisation des techniques d'irrigation sur les surfaces cultivables pourrait générer environ 245 millions d'emplois à l'échelle globale. Fait notable : 90 % de ce potentiel, soit près de 218 millions de postes, se concentre sur le continent. Cette projection s'appuie sur la conversion des exploitations dépendantes des pluies en périmètres irrigués, permettant de rompre avec des cycles de production précaires pour s'orienter vers une agriculture intensive et marchande.

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L'intérêt de cette évolution ne se limite pas au seul volume de main-d'œuvre. L'irrigation agit comme un multiplicateur de rendement. Les données de la FAO confirment que les parcelles bénéficiant d'un apport d'eau contrôlé sont 3,2 fois plus productives en valeur que celles soumises aux seuls aléas des précipitations. En sécurisant les récoltes, cette pratique autorise plusieurs cycles annuels, notamment durant la saison sèche. Cette période, traditionnellement marquée par un creux d'activité, devient alors un temps fort de production exigeant tant de la main-d'œuvre pour les systèmes gravitaires que des techniciens spécialisés pour les dispositifs de goutte-à-goutte.

Le développement de l'hydraulique agricole induit la naissance d'un marché de services en amont et en aval de la production. L'installation, la maintenance des équipements et le conseil technique ouvrent des perspectives importantes pour les petites et moyennes entreprises locales. Pourtant, le fossé demeure immense : en 2023, seulement 6 % des terres arables africaines étaient équipées pour l'irrigation, contre une moyenne mondiale de 23 %. Dans la zone Sahel, par exemple, moins de 30 % du potentiel hydrique disponible est actuellement exploité, illustrant l'ampleur des marges de progression pour les investisseurs.

Pour concrétiser ces ambitions, l'institution financière internationale préconise une révision profonde des politiques budgétaires. Sur les 490 milliards de dollars de dépenses publiques agricoles recensées mondialement en 2023, à peine 27 milliards ont été alloués aux infrastructures d'eau. La Banque mondiale suggère de basculer une partie des subventions classiques vers des investissements productifs durables. En encourageant l'irrigation pilotée directement par les exploitants, le continent pourrait non seulement renforcer sa souveraineté alimentaire, mais aussi consolider un marché du travail où l'agriculture représente déjà 60 % des actifs.


Bernardo

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