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Energies Renouvelables : L'Afrique ne capte que 2 % des investissements mondiaux

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Le déséquilibre entre le potentiel énergétique africain et les flux financiers internationaux atteint des sommets préoccupants. Selon les données publiées fin mars 2026 par l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables (IRENA), la zone subsaharienne n’a attiré que 2,3 % des capitaux globaux dédiés aux énergies propres au cours de l'année 2024. Ce chiffre illustre un paradoxe persistant : alors que le continent concentre 18 % de la population mondiale et dispose d'un ensoleillement exceptionnel, sa part dans les capacités électriques de la planète reste marginale, plafonnant à environ 82 GW, soit à peine 1,6 % du total mondial.

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La disparité entre les ressources disponibles et les infrastructures opérationnelles est vertigineuse. Le potentiel technique du solaire photovoltaïque en Afrique est estimé à 7 900 GW, pourtant les installations actuelles n'en exploitent que 22 GW. Le constat est identique pour l'éolien, dont la mise en valeur ne dépasse pas 2,4 % de ses capacités théoriques. Cette faiblesse structurelle se traduit par une offre électrique qui ne couvre que 3 % de la génération mondiale. De plus, cette production demeure géographiquement concentrée, l’Afrique du Sud, l’Égypte et l’Algérie assurant à elles seules près de 60 % de l'énergie verte produite sur le continent.

L'accélération de la transition énergétique se heurte à une barrière monétaire difficilement franchissable. Bien que les investissements aient atteint 18 milliards de dollars en 2024, ce montant demeure bien en deçà des 15 milliards annuels jugés nécessaires par l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) pour garantir un accès universel d'ici 2035. La concentration des flux financiers vers quelques marchés matures pénalise les projets décentralisés. Ces solutions hors-réseau sont pourtant vitales pour les 600 millions d'Africains privés d'électricité, mais elles souffrent d'une perception de risque élevé de la part des bailleurs de fonds internationaux.

Une nouvelle dynamique émerge avec le développement de projets de grande envergure destinés aux marchés extérieurs. En Mauritanie ou en Égypte, des initiatives liées à l’hydrogène vert prévoient des capacités se comptant en dizaines de gigawatts, principalement tournées vers l'Europe. Cette orientation pose la question de la priorité accordée à la demande intérieure, alors que les économies locales subissent de plein fouet l'inflation des coûts énergétiques liée aux tensions géopolitiques mondiales. Pour les gouvernements, l'enjeu consiste désormais à transformer ces ressources locales en un levier de sécurité nationale pour stabiliser les tarifs et soutenir l'essor industriel.


Nlend Flore

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