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Secteur privé : Le spectre de l'insolvabilité

Dernière mise à jours il y'a 1 semaine

L'économie camerounaise traverse une zone de fortes turbulences dont les ondes de choc atteignent désormais les bilans bancaires. Selon une enquête analytique publiée par le Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM) en décembre 2025, les tensions sociales et politiques survenues entre octobre et novembre ont engendré une dégradation brutale de la solvabilité des acteurs privés.

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Le constat fait est que près de 40 % des entreprises ayant recours à l'endettement se déclarent aujourd'hui incapables de respecter leurs engagements financiers selon les calendriers initiaux. Cette fragilisation du tissu entrepreneurial fait peser une menace directe sur la stabilité du système financier national, laissant craindre un resserrement drastique de l'offre de crédit.

L'étude du patronat révèle que les secteurs à forte intensité de capital sont les premières victimes de cette crise de liquidité. La branche des bâtiments et travaux publics (BTP) cristallise les inquiétudes avec 71,4 % des entités en situation de défaut potentiel. L'industrie et les transports ne sont guère mieux lotis, affichant des taux d'insolvabilité dépassant les 50 %. Pour ces piliers de la croissance, les mécanismes classiques de rééchelonnement de dettes paraissent insuffisants. Plus de la moitié des transporteurs et près de 46 % des industriels estiment qu'au-delà d'un simple report d'échéances, seule une injection massive de fonds de roulement pourrait éviter une cessation de paiements irréversible.

Au-delà des seules créances bancaires, le spectre d'une « défaillance globale » plane sur un tiers de l'économie camerounaise. Cette notion, introduite par le GECAM, désigne l'incapacité pour une structure de s'acquitter simultanément de ses obligations fiscales, sociales et bancaires. À la fin de l'exercice 2025, 30,4 % des entreprises se trouvent dans cette impasse critique, un chiffre qui grimpe à près de 45 % dans les activités de production et de logistique. Si le secteur bancaire proprement dit et l'agriculture semblent pour l'heure préserver une certaine étanchéité face à ce risque de faillite totale, l'effet de contagion demeure une probabilité que les autorités monétaires surveillent avec une attention particulière.

L'urgence d'une intervention concertée s'impose désormais comme le seul rempart contre une paralysie durable de l'appareil productif. Le patronat appelle de ses vœux la mise en place d'un dispositif de partage des risques entre l'État, les institutions de crédit et le secteur privé afin de restaurer la confiance. Sans un soutien rapide à la trésorerie des entreprises, la dégradation de la qualité des actifs bancaires forcera les banques à accroître leurs provisions, réduisant mécaniquement leur capacité à financer la relance attendue pour 2026. L'enjeu est de transformer cette crise conjoncturelle en une opportunité de renforcement des mécanismes de résilience financière au Cameroun.


BCN

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