Santé publique : L'État va en guerre contre le faux médicament
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLe combat contre la contrefaçon pharmaceutique s'est élevé au rang d'urgence nationale, traduisant une menace qui s'infiltre dans les circuits de distribution et met en péril la santé publique.
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En quatre ans, les opérations menées par les autorités camerounaises ont permis de saisir des stocks de médicaments illicites d'une valeur marchande cumulée atteignant 8,6 milliards FCFA. Uniquement au premier semestre 2025, les saisies se sont chiffrées à 369,8 millions FCFA, illustrant la permanence et l'ampleur du trafic. Le ministre de la Santé Publique, Manaouda Malachie, a souligné lors de la Journée africaine de lutte contre les faux médicaments, que ce danger est omniprésent. Il ne se limite plus aux marchés clandestins, mais s'étend aux rues, aux quartiers, et désormais aux plateformes en ligne, exigeant une réponse sécuritaire et numérique musclée.
Face à cette infiltration, l'État a intensifié ses opérations de contrôle et de répression, mobilisant des actions. Des missions de contrôle régulières ont permis de mettre en demeure et de fermer des structures pour manquements graves. Parallèlement, 69 affaires ont été portées devant la justice, conduisant à 36 décisions déjà rendues. En collaboration avec l'Agence Nationale des Technologies de l'Information et de la Communication (Antic), le Minsanté a réussi à neutraliser 55 sites internet dédiés à la vente illicite de produits pharmaceutiques. Un effort crucial a été mené pour protéger le Système National d'Approvisionnement en Médicaments Essentiels (Syname). Ce dispositif a permis d'intercepter environ 80 lots de médicaments contrefaits depuis 2023, empêchant leur infiltration dans les circuits formels de distribution. Le contrôle accru à l’importation a également mis en évidence plusieurs conteneurs de produits pharmaceutiques non conformes.
La menace des médicaments de qualité inférieure ou falsifiés a des conséquences sanitaires dramatiques, notamment en Afrique. Selon les données de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la contrefaçon est responsable de près de 267 000 décès par an sur le continent, uniquement pour les médicaments antipaludiques falsifiés, et de plus de 100 000 décès liés aux antibiotiques de qualité inférieure. Pour renforcer la sécurité et l'autonomie de l’approvisionnement national, le gouvernement camerounais s'engage à intensifier ses actions. Un audit de fabrication systématique des sites de production pharmaceutique est désormais en vigueur. De plus, Yaoundé entend renforcer sa coopération avec les agences internationales et les autorités frontalières pour démanteler les réseaux transfrontaliers, protégeant ainsi le marché national et soutenant le développement de l'industrie pharmaceutique locale.
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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