Santé publique : L'Afrique subsaharienne présente un besoin de 54% en personnels médicaux
Dernière mise à jours il y'a 1 heuresLes systèmes sanitaires d'Afrique subsaharienne font face à un déficit structurel de capital humain qui hypothèque l'accès aux soins de base, malgré une hausse continue du nombre de diplômés. L'état des lieux publié le 6 mai 2026 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), sous l'intitulé « State of the Health Workforce in Africa 2026 : Plan, train and retain », indique que la région ne couvre actuellement que 46 % de ses besoins réels en effectifs médicaux.
Lire aussi : Afrique : Les populations profitent peu de la manne pétrolière
Pourtant, les ressources humaines disponibles ont progressé, passant de 4,3 millions de praticiens en 2018 à 5,72 millions en 2024, répartis dans 27 catégories professionnelles. Cette dynamique positive, portée par une augmentation de 35 % des agents de santé communautaires entre 2022 et 2024, reste largement insuffisante pour combler les attentes d'une démographie en forte croissance.
La situation présente une contradiction économique majeure car, une pénurie aiguë de soignants coexiste avec un chômage de masse des jeunes professionnels. En 2024, environ 943 000 praticiens formés se trouvaient sans emploi ou confinés dans la précarité. Les taux d'inactivité frappent de plein fouet les filières spécialisées, atteignant 47,21 % chez les techniciens paramédicaux, 40,86 % dans l'imagerie médicale, 34,02 % chez les sages-femmes et 31,67 % chez les médecins. Ce décalage s'explique par l'étroitesse des marges budgétaires des États, qui limite le recrutement public. Les disparités géographiques accentuent ces déséquilibres, l'Afrique australe affichant le meilleur taux de couverture avec 60 %, tandis que l'Afrique centrale ferme la marche avec seulement 33 % de ses besoins satisfaits.
L'absence de perspectives professionnelles stables alimente une fuite massive des cerveaux vers l'Occident et le Moyen-Orient. Les enquêtes de l'OMS révèlent que 46 % des personnels en activité manifestent l’intention d’émigrer vers des pays comme le Canada, les États-Unis ou le Royaume-Uni. À cette désertion s'ajoute un fort taux d'absentéisme local, qui ampute la productivité des services de 20 % de la masse salariale globale. Pour inverser cette tendance, l'institution internationale préconise un investissement additionnel annuel de 4 dollars par habitant dédié à l'emploi, ou un relèvement de 15 % par an des budgets salariaux. Pour l'heure, l'effort financier stagne : l'enveloppe globale allouée aux personnels de santé au sud du Sahara n'est passée que de 39,9 milliards de dollars en 2023 à 41,3 milliards de dollars en 2024.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.