Afrique : Les populations profitent peu de la manne pétrolière
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresLe modèle extractif axé sur l'exportation brute du pétrole et du gaz ne parvient pas à générer une dynamique de prospérité partagée sur le continent africain, confinant les nations productrices dans une dépendance structurelle vis-à-vis des marchés mondiaux.
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Une étude conjointe publiée le vendredi 8 mai 2026 par l’ONG Oil Change International et le laboratoire d'idées Power Shift Africa démontre que l'exploitation des gisements fossiles se fait au détriment du tissu industriel local et de la sécurité alimentaire. L'analyse, centrée sur un échantillon de 13 pays producteurs comprenant notamment le Nigeria, l’Angola et la Libye, révèle que les investissements massifs des multinationales s'opèrent en vase clos, sans créer de passerelles économiques avec les secteurs intérieurs.
Cette déconnexion opérationnelle se traduit par une incapacité chronique des industries extractives à absorber la main-d'œuvre nationale, maintenant les populations dans une précarité endémique. Les statistiques de l'emploi mettent en relief l'extrême faiblesse de l'ancrage local de ces filières : l'industrie des hydrocarbures n'emploie que 0,01 % de la population active au Nigeria, 0,1 % en République du Congo et à peine 0,3 % en Angola. Cette infime captation des emplois explique pourquoi environ 40 % des citoyens nigérians et angolais subsistent sous le seuil de pauvreté extrême avec moins de 3 dollars par jour, en dépit de décennies d'extraction pétrolière continue et de la signature de contrats d'envergure.
La volatilité des cours internationaux expose en outre ces économies à de violents chocs budgétaires et à un endettement lourd, illustré par la crise de 2014 où l'Angola a dû amputer ses dépenses publiques de 25 %, propulsant son inflation à 30 % et sa dette extérieure de 36 % à 115 % du PIB. À ce risque d'instabilité macroéconomique s'ajoute celui de la dépréciation des actifs face à la transition énergétique mondiale. L'alternative économique réside désormais dans la réorientation des capitaux vers les énergies renouvelables qui, pour chaque dollar engagé, génèrent 2 à 3 fois plus d'emplois que les combustibles fossiles, offrant une perspective de création de 14 millions d'emplois en Afrique d'ici l'horizon 2030.
Bernardo
Floyd Miles
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