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Riziculture : La Semry fait recours au privé

Dernière mise à jours il y'a 2 mois

L'étude d'une concession privée n'est pas un choix de préférence, mais un acte de survie dicté par l'inefficacité. Un rapport cinglant de la Chambre des comptes (période 2018-2021) a documenté l'instabilité du modèle de la Semry, qui ne parvient pas à équilibrer ses coûts.

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L'analyse révèle des pertes substantielles à chaque étape de la chaîne de valeur. Sur le plan des services agricoles, le coût de revient par hectare (276 547 FCFA) excède largement la redevance facturée aux producteurs. Ce déséquilibre génère une perte nette de 133 959 FCFA par hectare, se traduisant par un déficit cumulé de près de 1,3 milliard de FCFA pour les 10 000 hectares exploités. La situation est encore plus critique à la vente : pour chaque kilogramme de riz blanchi dont le coût de production s'établit à 743 FCFA, l'entreprise enregistre une perte sèche de 236 FCFA, malgré l'apport des subventions publiques. Cette architecture des coûts, où la dépense excède systématiquement le revenu, a conduit les auditeurs à alerter sur la disparition programmée de l'entité sans une refonte radicale de ses activités.

L'orientation vers la gestion privée vise principalement à découpler la mission agricole fondamentale de la Semry de son activité industrielle, jugée inefficace en régie interne. L'externalisation de l'outil de transformation permettrait d'injecter rapidement une compétence industrielle avérée et les capacités financières nécessaires à la modernisation des usines obsolètes de Yagoua et Maga. Pour l'État, ce schéma offrirait une meilleure prévisibilité budgétaire et permettrait à la Semry de se concentrer sur son cœur de métier : l'aménagement hydro-agricole, l'irrigation et l'appui direct aux producteurs. Une telle transition exige cependant une délimitation contractuelle précise des obligations du concessionnaire privé, notamment concernant les volumes d'achat aux producteurs et la politique tarifaire pour le marché intérieur, afin de garantir la sécurité alimentaire nationale.

Face à la perspective d'une concession, l'option de conserver l'activité en gestion interne demeure théoriquement ouverte. Toutefois, cette alternative est contrainte par l'incapacité de l'entreprise, déjà déficitaire et dépendante de subventions discrétionnaires, à assumer seule le fardeau des investissements lourds requis pour la rénovation des usines. Les échanges entre la Semry et le CARPA n'ont pas abouti à une décision finale. Les institutions ont convenu de l'élaboration d'un plan d’actions détaillé qui fournira les scénarios économiques précis aux autorités compétentes. La décision finale d'abandonner ou de transformer la gestion interne des usines est attendue dans les prochains mois, avec une mise en œuvre effective de la transition envisagée dès 2026.

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bernardo carlos ndjomo
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