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République Centrafricaine : Un accord minier de 25 ans avec le canadien CVMR

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

La portée de la collaboration entre l'État centrafricain et le géant nord-américain est globale : elle couvre l'exploration, l'exploitation et surtout le raffinage des ressources, incluant également le nickel, le tantale, le niobium et l'antimoine. Bangui considère cet engagement d'un quart de siècle comme une étape fondamentale pour garantir que la richesse minérale du pays devienne un moteur direct de la croissance nationale.

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Le cahier des charges du projet, dont le déploiement doit intervenir dans les douze mois suivant la signature, est axé sur l'industrialisation. Il comprend l'obligation de construire des unités de raffinage sur le territoire centrafricain, un aspect différenciant par rapport aux anciens contrats d'extraction. Ce volet industriel est complété par un impératif de transfert de technologies et le développement du capital humain via la création de programmes de formation en collaboration étroite avec les universités nationales. Pour l'exploitation de l'uranium, le groupe a d'ores et déjà mobilisé une filiale spécialisée, Uranium Power Corporation.

La première phase du projet est dédiée à l'acquisition de connaissances précises sur le sous-sol. Pour y parvenir, CVMR finance entièrement sur fonds propres une vaste campagne de cartographie par satellite confiée à sa filiale, Canadian Advanced Satellite Imaging (CASI). Cette opération d'audit géologique représente un investissement initial de 50 millions de dollars (environ 30 milliards FCFA) et vise à identifier de nouveaux gisements potentiels sur l'ensemble du territoire centrafricain. Kamran M. Khozan, le dirigeant de CVMR, a expliqué que toute découverte jugée viable fera l'objet d'une coentreprise pilotée par sa firme, qui pourra être ouverte à d'autres partenaires miniers. Cette approche vise à transformer les zones encore inexplorées en un portefeuille d'actifs miniers hautement valorisables. Parallèlement, des négociations sont en cours pour mettre en place un « mécanisme financier dédié » destiné à canaliser d'importants capitaux étrangers une fois les premières réserves confirmées.

L'entrée de CVMR intervient dans un contexte de vive concurrence et de regain d'attractivité du secteur extractif centrafricain, illustré par l'intérêt de la société nigériane Stantech Engineering et le projet de raffinerie d'or de 10 millions de dollars annoncé par l'émiratie SML Gold à Bangui.

Néanmoins, l'État est confronté à un défi interne majeur a savoir la prédominance de l’activité artisanale non déclarée. Selon les données ITIE 2022, la production artisanale d'or est estimée à 5 735 tonnes, soit près de quatre fois le volume officiellement déclaré et exporté par les sociétés formelles (1 536 tonnes). Cette disparité représente une perte fiscale considérable pour l'État (31,4 milliards FCFA générés par les exportations formelles en 2022). Le succès de l'accord avec CVMR, et sa capacité à maximiser les retombées économiques, dépendra donc de la capacité de la RCA à sécuriser le nouvel environnement d'investissement et à formaliser le secteur extractif dans son ensemble.

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