Programme de développement : Les défis du Cameroun
Dernière mise à jours il y'a 4 moisLe Cameroun est face à un défi financier majeur pour son programme de développement. Selon les projections budgétaires 2026-2028, le pays doit mobiliser 7 560 milliards de FCFA pour finaliser 284 projets d'investissement public.
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Ce constat fait lors des récentes conférences nationales de programmation budgétaire, révèle une dépendance accrue aux financements extérieurs et met en évidence la nécessité d'une gestion plus efficace pour transformer ces fonds en réalisations concrètes. Malgré la volonté de stabiliser le portefeuille de projets, qui est passé de 290 à 284 dossiers, la facture s'est alourdie. Le montant requis, soit environ 11,5 milliards d'euros, confirme la dimension du pari économique du Cameroun.
L'analyse sectorielle est révélatrice. Le secteur des infrastructures absorbe à lui seul 76 % des besoins de financement, soit 4 807 milliards de FCFA. Au sein de cette catégorie, le Ministère des Travaux publics est le principal consommateur de crédits. Son portefeuille inclut des projets d'envergure, à l'image de la phase 2 de l'autoroute Yaoundé-Douala, dont le coût estimé est de près de 1 000 milliards de FCFA. De manière plus large, cinq ministères concentrent plus de 80 % du financement requis il s’agit du ministère des Travaux publics (46 %) , de l’Eau et énergie (14 %), Habitat et urbanisme (12 %), Santé publique (6 %) et du Transports (5 %)
Le rapport budgétaire indique que 76 % des fonds nécessaires devraient provenir de ressources extérieures (5 776 milliards de FCFA), tandis que seulement 24 % seraient couverts par des fonds internes. Ce modèle, pourtant essentiel pour un pays en développement, se heurte à une faible capacité d'absorption des financements. En 2023, à peine 56 % des crédits externes programmés ont été effectivement décaissés.
Ce paradoxe est préoccupant. Les experts pointent du doigt plusieurs facteurs qui expliquent ce faible taux d'exécution : la lenteur des procédures administratives, des études techniques souvent incomplètes, des retards dans le versement des indemnisations et un manque de hiérarchisation claire des projets. Le gouvernement, conscient du problème, a déjà réduit de 65 milliards de FCFA les crédits externes de son budget 2025 pour mieux l'adapter aux réalités du terrain.
Le défi de financement est constant. Les projections montrent que les projets en cours nécessiteront 1 823 milliards de FCFA en 2026, 1 453 milliards en 2027 et 1 619 milliards en 2028, laissant un reliquat considérable de 2 386 milliards de FCFA après cette période.
Face à cette situation, l'organisation d'un colloque pour identifier les blocages structurels est recommandée par les experts. La capacité du gouvernement à améliorer la maturation des projets, à accélérer le versement des indemnisations et à optimiser la coordination avec les partenaires internationaux sera déterminante pour la réussite de ces chantiers. Le Cameroun est à un moment charnière de son développement, où sa capacité à traduire des ambitions en projets finis dépend de la rigueur et de l'efficacité de sa gestion budgétaire.
Bernardo Carlos NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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