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Oléoduc Tchad-Cameroun : N'Djamena et Glencore de nouveau sur des braises ardentes

Dernière mise à jours il y'a 5 mois

Le Tchad a mis en demeure la multinationale. Celle-ci doit verser la somme de 2,2 milliards de FCFA (environ 3,6 millions de dollars) pour le financement du transport de son pétrole brut vers le Cameroun. Ce nouvel épisode de tension financière autour de l'oléoduc Tchad-Cameroun intervient dans un contexte déjà tendu et met en lumière la complexité de la gestion des actifs pétroliers dans la région.

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La réclamation du Tchad est liée à une dette que Glencore aurait accumulée au titre des frais de transport de son pétrole brut via l'oléoduc. Selon les autorités tchadiennes, l'argent est crucial pour la maintenance et le fonctionnement de l'infrastructure qui achemine le pétrole du Tchad vers le port de Kribi au Cameroun. Le montant exigé fait partie d'un ensemble d'arriérés accumulés sur plusieurs mois, et le gouvernement de N'Djamena a exprimé son impatience face aux délais de paiement. Pour l'heure, Glencore n'a fait aucune déclaration publique officielle concernant cette mise en demeure.


Ce nouveau conflit s'inscrit dans un historique mouvementé entre le Tchad et les compagnies pétrolières qui opèrent sur son sol. L'oléoduc, inauguré en 2003, a été au centre de nombreux différends. En 2014, un conflit majeur avec le consortium dirigé par ExxonMobil avait déjà éclaté, entraînant des pénalités financières et un bras de fer sur la propriété des actifs. L'État tchadien, qui a acquis des parts dans la COTCO (Cameroon Oil Transportation Company), co-gère l'oléoduc, et ce nouveau conflit avec Glencore souligne sa volonté de prendre le contrôle total des revenus générés par la commercialisation de son brut.


Le conflit entre le Tchad et Glencore risque d'avoir des répercussions sur le secteur pétrolier régional. Une interruption du flux de pétrole, même temporaire, aurait des conséquences économiques majeures pour le Tchad, dont le budget dépend largement de ses exportations de pétrole. Pour le Cameroun, les revenus générés par le transit du brut sont une source de devises non négligeable. Cette situation expose les risques liés aux différends entre États et compagnies privées sur les infrastructures vitales et renforce la nécessité d'une gestion transparente et concertée de l'ensemble de la chaîne de valeur du pétrole, de son extraction à son exportation.


BCN

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