Nouvelles Pièces de Monnaie : Loin d’être une panacée
Dernière mise à jours il y'a 7 moisMalgré la mise en circulation d'une nouvelle gamme de pièces de monnaie par la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) visant à fluidifier les transactions, la rareté persistante des pièces de monnaie demeure un casse-tête quotidien pour les commerçants et les consommateurs au Cameroun. Ce paradoxe soulève des questions sur les mécanismes de circulation monétaire et les comportements économiques des acteurs.
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Le problème de la rareté des pièces n'est pas nouveau au Cameroun ni dans la zone CEMAC. Depuis des années, les coupures de petites valeurs (notamment les pièces de 5, 10, 25, 50 et 100 F CFA) se font rares, pénalisant les petites transactions et favorisant l'arrondi des prix à la hausse. En réponse à cette situation, la BEAC avait pourtant mis en circulation, à partir de décembre 2022, une nouvelle gamme de pièces, avec un design actualisé et une composition plus robuste. L'objectif était d'injecter des quantités significatives de numéraire pour couvrir les besoins de l'économie. Par exemple, plus de 30 milliards de F CFA en pièces avaient été annoncés comme injectés dans la zone CEMAC depuis cette date.
Malgré les efforts de la BEAC, plusieurs facteurs structurels et comportementaux expliquent pourquoi cette nouvelle gamme n'a pas résolu le problème. Parmi les facteurs nous avons la Thésaurisation et Stockage. Les pièces, souvent perçues comme ayant peu de valeur unitaire, sont souvent conservées à domicile dans des tirelires ou des bocaux. Une enquête informelle pourrait suggérer que plus de 60% des pièces en circulation ne retournent pas dans les circuits bancaires après utilisation. Cette pratique retire une quantité colossale de pièces du système chaque jour.
Les pièces de petites valeurs sont plus facilement perdues, jetées ou endommagées en raison de leur petite taille et de leur manipulation constante. Le taux de perte est estimé à environ 5% à 10% du stock circulant chaque année. Certains petits commerçants et conducteurs de mototaxis refusent parfois les pièces de faibles valeurs, préférant des billets pour simplifier leurs opérations ou par méfiance vis-à-vis de leur authenticité. Ce refus contribue à les sortir du circuit transactionnel.
Bien que les pièces conservent leur valeur faciale, l'inflation persistante (le Cameroun a enregistré un taux d'inflation de 7,7% en 2023) réduit leur pouvoir d'achat. Une pièce de 5 F CFA ou 10 F CFA permet d'acheter de moins en moins, diminuant l'incitation à la remettre en circulation. Les banques commerciales et les établissements de microfinance ne sont pas toujours équipés ou incités à collecter activement les pièces. Le coût du transport, du comptage et du stockage des pièces est souvent jugé supérieur à leur valeur faciale pour les institutions financières, ce qui ralentit leur retour dans les banques.
La rareté des pièces a des impacts tangibles sur l'économie et la vie quotidienne. En effet, les petits commerçants, les marchés et les transports en commun sont les plus affectés. L'impossibilité de rendre la monnaie conduit souvent à l'arrondi des prix à la hausse (par exemple, un article à 95 F CFA vendu à 100 F CFA), augmentant de facto le coût de la vie pour le consommateur final. Cette économie, fortement dépendante du cash, est perturbée, ralentissant les transactions et réduisant la fluidité des échanges pour des millions de petits entrepreneurs.
BERNARDO CARLOS NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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