Marché des titres : Le Cameroun enregistre une bouffée d'oxygène en janvier 2026
Dernière mise à jours il y'a 9 heuresAprès plusieurs trimestres sous haute tension, le coût de l’endettement à court terme de la République du Cameroun amorce une timide décrue. Les dernières statistiques monétaires de la BEAC révèlent un fléchissement des rendements sur les titres publics, offrant un répit passager au Trésor dans un environnement financier régional de plus en plus concurrentiel.
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Le rapport mensuel de la banque centrale sur les valeurs du Trésor de la Cemac souligne une correction bienvenue sur le compartiment des Bons du Trésor assimilables (BTA). En janvier, le taux pour les maturités courtes s’est établi à 6,87 %, marquant une contraction de 24 points de base par rapport au pic de 7,11 % enregistré en décembre 2025. Cette détente, bien que modeste, rompt avec la spirale haussière qui étranglait les émissions souveraines depuis la fin de l'année précédente.
Toutefois, cette embellie doit être analysée avec prudence. Si l'on dézoome sur une perspective pluriannuelle, le coût de la signature camerounaise demeure historiquement élevé. À titre d'illustration, le taux moyen servi aux investisseurs en janvier 2018 n'était que de 2,81 %. En l'espace de huit ans, le pays a vu ses charges financières sur le court terme plus que doubler, une trajectoire ascendante alimentée par les resserrements successifs de la politique monétaire régionale et une dégradation des coefficients de liquidité bancaire.
Cette pression structurelle est exacerbée par une mutation profonde de l'écosystème financier de la Cemac. Le marché des titres publics, autrefois chasse gardée du duo Cameroun-Gabon, est devenu le théâtre d'une compétition féroce entre les six États membres. Cette multiplication des émetteurs, couplée à une raréfaction de la ressource, a mécaniquement érodé les taux de couverture de la demande. Comme le rappelait récemment le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, la capacité du Trésor à mobiliser l'intégralité des fonds sollicités est désormais corrélée à une remontée agressive des taux de sortie.
Si les chiffres de janvier 2026 suggèrent une accalmie, ils ne préjugent pas d'un retournement de tendance durable. Pour le Trésor camerounais, l'enjeu des prochains mois consistera à transformer ce "signal faible" en une stabilisation pérenne de la courbe des taux, afin de préserver une marge de manœuvre budgétaire déjà largement entamée par le service de la dette.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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