Dette : Le Trésor public sous pression de remboursement de 65,7 milliards FCFA
Dernière mise à jours il y'a 9 heuresLe calendrier de la dette place le Trésor camerounais face à un défi de liquidité majeur en ce début de mois de mars. Engagé dans une séquence de remboursements critiques sur le marché des titres de la BEAC, l'État tente d'orchestrer une opération de refinancement pour couvrir ses engagements arrivés à maturité.
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La pression s'est cristallisée ces 25 et 26 février avec l'exigibilité de 65,7 milliards FCFA de dettes cumulées. Le morceau de choix de cette ardoise concerne le principal et les intérêts d'une ligne obligataire à 5 ans, représentant à elle seule plus de 52 milliards FCFA. À cet engagement de moyen terme s'ajoute le dénouement d'une émission de Bons du Trésor (BTA) à 26 semaines, portant la facture globale à un niveau qui teste directement la résilience de la trésorerie publique.
Pour faire face à cette sortie de cash sans fragiliser ses marges de manœuvre budgétaires, Yaoundé a activé la stratégie du "roll-over" ou refinancement par le marché. Le 23 février, le Trésor a ainsi sollicité les investisseurs pour lever 70 milliards FCFA à travers un mix d'instruments : des BTA à court terme pour stabiliser le fonds de roulement et un abondement d'Obligations du Trésor (OTA) à 6 ans. Cette réouverture de ligne sur une maturité longue témoigne de la volonté du pays de lisser son profil de remboursement, tout en évitant une ponction directe sur ses dépôts à la Banque centrale.
Toutefois, cette manœuvre de "cavalerie budgétaire" légale s'opère dans des conditions de marché dégradées. La situation économique actuelle, marquée par la lutte de la BEAC contre l'inflation via des taux directeurs élevés, raréfie la liquidité bancaire. Le Cameroun, autrefois en position de force, doit désormais composer avec des investisseurs plus sélectifs et une concurrence accrue des autres émetteurs de la zone CEMAC, comme le Gabon et le Congo, qui sollicitent les mêmes guichets de refinancement.
L'enjeu de cette opération dépasse le simple remboursement technique. Il s'agit pour le Cameroun de prouver sa capacité à mobiliser des fonds frais à des taux soutenables, alors que les rendements sur le marché monétaire ont tendance à s'envoler. Une sous-souscription ou une envolée des taux de sortie lors de cette adjudication de 70 milliards FCFA enverrait un signal de fragilité aux agences de notation, dans un contexte où la soutenabilité de la dette souveraine est scrutée de près par les partenaires multilatéraux.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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