Infrastructures : L’Afrique face au déficit de 170 milliards $
Dernière mise à jours il y'a 1 moisL'ampleur du déficit de financement des infrastructures, évalué à 170 milliards de dollars chaque année, représente le principal obstacle à la croissance et à l'amélioration des conditions de vie en Afrique. Ce manque financier se traduit par des conséquences directes pour les populations : 40 % n'ont pas accès à l'électricité, et plus de 300 millions de personnes sont privées d'eau potable. L'écart se creuse d'année en année et pourrait dépasser les 4 000 milliards de dollars à l'horizon 2045 si rien n'est fait pour accélérer le rythme des investissements.
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Ibrahim Magassa a réaffirmé que l'obstacle au financement n'est pas la rareté des fonds, mais bien la faiblesse de la phase d'origination des projets. Pour les investisseurs institutionnels, seuls les projets rigoureusement préparés et sécurisés sont attractifs. Le banquier d'affaires souligne que la bancabilité est conditionnée par plusieurs éléments à savoir La réalisation d'études de marché complètes et d'une modélisation financière cohérente ; la mise en place d'un cadre institutionnel adapté ; l'intégration d'un mécanisme de gestion des risques conforme aux exigences internationales. Selon lui, de nombreux programmes africains échouent à ce stade crucial de l'ingénierie technique, ce qui nécessite une montée en compétence en amont pour attirer les capitaux longs qui sont nécessaires à l'investissement dans les infrastructures.
La solution au déficit passe par une meilleure articulation entre les acteurs financiers et les gouvernements. Magassa plaide pour un alignement où chaque partie joue un rôle bien défini. Les États doivent garantir un environnement de stabilité réglementaire et institutionnelle afin de minimiser le risque politique perçu par les investisseurs. Les Banques d'Affaires sont appelées à structurer et à modéliser les opérations, offrant ainsi une lecture claire du risque et de la viabilité des projets. Les Fonds d'Investissement doivent agir comme des catalyseurs de capitaux et des co-investisseurs, notamment dans les phases de préfinancement. Cette collaboration tripartite est jugée indispensable pour dérisquer les projets et permettre l'entrée de capitaux privés qui feront durablement reculer le déficit.
La pertinence de l'analyse d'Ibrahim Magassa est renforcée par son expérience concrète. La banque qu'il préside, Algest Investment Bank, est reconnue pour ses interventions structurantes, comme la restructuration de 14,5 milliards USD de dette au Ghana, illustrant la capacité à débloquer des situations financières complexes sur le continent. Sa nomination récente en tant qu'Ambassadeur de Bonne Volonté de l'UNESCO pour la Priorité Afrique confirme l'importance de son plaidoyer en faveur de la structuration technique des financements. Le message de l'expert est que les 170 milliards USD annuels ne sont pas inaccessibles, mais exigent que les gouvernements africains changent leur fusil d'épaule, faisant passer la qualité de l'ingénierie de projet avant la simple recherche de fonds. Le Forum de Rabat, qui a clôturé sur 15 milliards USD d’intentions de financement, a démontré que le capital est prêt à se mobiliser, à condition d'avoir des projets à la hauteur des standards requis.
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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