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Industrie textile : Camtext SA, un projet pour relancer la transformation locale du coton

Dernière mise à jours il y'a 2 mois

Le Cameroun s'apprête à donner un coup d'accélérateur à sa politique d'industrialisation et de souveraineté économique. Un consortium d'acteurs majeurs, comprenant Panafritex, la branche textile d’Arise, la Sodecoton, la CNPS et Marlo Properties Fincorp, est sur le point de créer Camtext SA. Cette nouvelle société sera dédiée à la transformation locale complète du coton camerounais via un projet ambitieux évalué à 180 milliards de FCFA.

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Alors que la maturité technique et administrative du dossier est jugée achevée, l'enjeu immédiat réside dans la mobilisation financière pour lancer le projet. Camtext SA sera dotée d’une chaîne de valeur totalement intégrée, visant à maximiser la valeur ajoutée sur le territoire national, limitant ainsi l'exportation de fibres brutes.

Le complexe industriel sera implanté stratégiquement dans la zone industrialo-portuaire de la Dibamba, près de Douala. Ce choix territorial, combinant la proximité d'une capacité énergétique stable avec la facilité logistique du port, permettra d'héberger les unités intensives de filature, tissage, tricotage, ennoblissement. En parallèle, un centre d’excellence textile sera établi à Garoua. Ce centre aura pour fonction d’ assurer la formation des ouvriers et des techniciens (avec l'appui du ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle) et abriter des activités de confection. Le projet table sur la création de 12 000 emplois au niveau des unités industrielles et de 3 000 emplois au centre de Garoua.

Camtext SA prévoit de transformer 12 000 tonnes de coton fournies par la Sodecoton. Bien que la production doive intégrer des fibres synthétiques pour optimiser les prix de revient et rivaliser avec les acteurs asiatiques (notamment chinois), l'essentiel sera initialement destiné à répondre au marché camerounais, avant une extension graduelle vers la zone CEMAC. Cette initiative répond directement à la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui vise à atteindre une production de 600 000 tonnes de coton par an et 50 % de transformation locale d’ici la fin de la décennie. Actuellement, les producteurs locaux ne couvriraient qu'environ 5 % du marché national, largement concurrencé par les importations, souvent issues de la contrebande, un phénomène qui a entraîné la fermeture d'ateliers et la destruction d'emplois. Camtext se concentrera sur deux segments prioritaires pour l'État : l’habillement des corps de défense, de sécurité et de la fonction publique (avec 60 % de coton local) et la fabrication d’articles de sport, visant à couvrir au moins 50 % de la demande intérieure.

Malgré une conjoncture défavorable pour la filière coton en Afrique (baisse de la production dans la zone CFA, baisse des cours), les initiateurs se montrent confiants, projetant un résultat net annuel situé entre 3 et 4 milliards de FCFA et un retour sur investissement sur 11 ans. Le projet devrait entrer en phase préparatoire dès le premier semestre 2026, avec un palier de capacité optimal visé à l'horizon 2033. Sa réussite dépendra toutefois d’un bouclage financier rapide, de l’accès à une énergie fiable et compétitive, et d’une protection efficace de la filière contre la concurrence déloyale.


BCN

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