Import-substitution : Un atelier industriel ouvert pour les équipements de forces de défense
Dernière mise à jours il y'a 4 moisL'armée camerounaise a franchi une étape concrète dans sa politique d'autosuffisance en inaugurant l'« Atelier central de confection des armées et de la gendarmerie » à Yaoundé. L'infrastructure, inaugurée le 25 septembre 2025 par le Ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, s'inscrit pleinement dans la politique d’import-substitution menée par le gouvernement.
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L'objectif de cet atelier est de réduire de manière significative les dépenses et la dépendance du pays aux achats de tenues militaires à l'extérieur. L'infrastructure est dotée d'une capacité de production notable, capable de fabriquer entre 700 et 1 000 tenues par jour. Bien que le coût exact de l’atelier n’ait pas été rendu public, sa mise en service marque un « tournant décisif » pour les forces de défense, les faisant passer « d’une posture de consommation à celle de production industrielle », comme l'a souligné le Ministre de la Défense. En termes de ressources humaines, le ministère a misé sur l'expertise interne. Des soldats à la retraite ayant des compétences en textile ont été rappelés pour encadrer des équipes plus jeunes. Il est par ailleurs envisagé que l’atelier confectionne également les tenues d’autres corps, comme la police nationale.
Cette initiative militaire s'aligne sur les objectifs de développement du secteur agro-industriel. L’activité de l’atelier constitue un débouché potentiel pour la Société de développement du coton (Sodecoton), qui cherche à augmenter sa production de fibre. En effet, la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) prévoit d’augmenter la production cotonnière nationale à 600 000 tonnes par an et de transformer localement 50 % de cette fibre. Les investissements de l'armée dans l'industrie textile contribuent ainsi concrètement à atteindre ce niveau de transformation locale des matières premières.
Cette avancée industrielle contraste avec le manque d'informations sur un projet similaire annoncé précédemment. En juin 2023, la construction d’une usine textile à Mengong, dans la région du Sud, avait été présentée devant l’Assemblée nationale. À l'époque, le ministre de la Défense avait indiqué que « les diligences domaniales et foncières sont terminées, le terrain a été identifié et délimité ». Depuis lors, aucun document de faisabilité ou appel d’offres n’a été communiqué, laissant penser que l'atelier de Yaoundé est, pour l'heure, la solution prioritaire pour l'autonomie textile des forces armées.
BCN
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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