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Import-substitution : Les PME camerounaises à l'épreuve de la souveraineté alimentaire

Dernière mise à jours il y'a 4 mois

Face aux chocs mondiaux qui bousculent les marchés alimentaires, le Cameroun se tourne vers ses petites et moyennes entreprises pour forger sa souveraineté alimentaire.

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En transformant les récoltes locales en alternatives abordables au riz ou au blé, les entrepreneurs ruraux se positionnent en tant qu'artisans d'une économie résiliente. Leur rôle, mis en lumière lors d'un récent événement à Bafoussam, est de plus en plus reconnu comme le premier rempart contre la volatilité des prix internationaux.

Le système alimentaire camerounais est sous pression. Le pays dépense plus de 800 milliards de FCFA par an en importations, avec des volumes importants de riz et de blé. Les perturbations mondiales, de la guerre en Ukraine aux variations climatiques en Asie, ont mis en évidence la fragilité des chaînes d'approvisionnement globales. En réponse, les PME camerounaises sont encouragées à combler une partie de ce déficit. Lors de la Journée nationale du réseautage des entreprises rurales, des alternatives concrètes comme des farines de soja, des dérivés de manioc et des repas enrichis au maïs ont été présentées comme des solutions essentielles pour réduire la dépendance du pays et protéger la population.

Le potentiel des PME pour la sécurité alimentaire est indéniable, et leur dynamisme est un signe encourageant pour l'économie nationale. En 2024, le nombre d'entreprises actives a augmenté de 12,8 %, et près de 99 % d'entre elles sont des PME. Cette croissance a généré près de 97 000 emplois.

Toutefois, une faiblesse persiste : si la majorité des PME opèrent dans le secteur tertiaire, seules 444 d'entre elles sont actives dans le secteur primaire (agriculture, élevage, pêche). Ce déséquilibre constitue à la fois un défi majeur et une opportunité pour les décideurs. En renforçant les capacités de ces entreprises, le Cameroun pourrait non seulement diversifier sa production, mais aussi stimuler la croissance en tirant parti de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). En effet, en respectant les normes régionales, les PME pourraient accroître leurs exportations, créant ainsi de nouvelles sources de revenus et d’emplois.

Le rôle des PME pour la sécurité alimentaire nationale est un modèle qui se retrouve dans d'autres pays africains, comme le Nigeria ou le Ghana. Cependant, pour que ce potentiel se réalise pleinement au Cameroun, un soutien adéquat est nécessaire. Les analystes soulignent que sans un meilleur accès au financement, à des infrastructures et à des programmes de renforcement des capacités, ce potentiel pourrait rester inexploité. Alors que le pays se prépare à la fin de l'AGOA, le renforcement des PME devient une priorité pour garantir la sécurité alimentaire et positionner le Cameroun de manière avantageuse sur les marchés régionaux.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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