Actu Eco » Politiques Publiques

Huile de palme : 20 500 tonnes de plus en 2026

Dernière mise à jours il y'a 2 mois

L'objectif de production fixé pour 2026 répond à une disparité criante entre l'offre et la demande domestiques. La production camerounaise d'huile de palme brute a atteint 446 984 tonnes en 2024, selon les données officielles. Or, ce volume reste très inférieur aux besoins du marché local, dont le manque annuel dépasse le demi-million de tonnes, selon les estimations des professionnels du secteur (Asroc).

Lire aussi : Iroko/Sapelli : Le Cameroun N°1 mondial à l'export

Cette insuffisance a un coût direct sur la souveraineté économique du pays. La nécessité de combler ce fossé a conduit à une forte dépendance aux approvisionnements extérieurs, se traduisant par l'importation de 409 000 tonnes d'huile de palme entre 2017 et 2023, pour une facture cumulative s'élevant à 280,4 milliards de FCFA. La croissance de 20 500 tonnes est vitale pour inverser, même modestement, cette tendance. Pour concrétiser cette hausse de production, le gouvernement mise sur le renforcement des capacités industrielles.


 L'un des leviers majeurs réside dans la finalisation de deux conventions de prêt avec Standard Chartered Bank Londres, représentant un engagement financier de 51,7 milliards de FCFA. Ces fonds sont destinés à la Cameroon Development Corporation (CDC) et serviront spécifiquement à la construction de deux nouvelles unités de transformation, l'une dédiée à l'huile de palme et l'autre à l'hévéa. Cet investissement vise à optimiser l'aval industriel, assurant que la production agricole accrue puisse être transformée efficacement et rapidement en produits finis, favorisant la valorisation de la matière première locale.


Le chemin vers l'objectif de 2026 est semé d'embûches, comme l'indiquent les données récentes. Certes, le premier trimestre 2025 a révélé un regain saisonnier, avec une production d'huile de palme brute atteignant 77 630 tonnes, soit un volume trois fois supérieur à celui du trimestre précédent, grâce au pic agricole.


 Toutefois, ce rebond cache une fragilité persistante. Les chiffres montrent que la production du T1 2025 était en recul de 10,6 % par rapport à la même période de l'année précédente. Plus globalement, les autorités anticipent une baisse annuelle d'environ 2 % sur l'ensemble de l'année 2025. Cette dynamique met en lumière que la croissance des 20 500 tonnes ne pourra se réaliser sans des investissements continus et une coordination transversale de toute la chaîne de valeur, de l'encadrement des planteurs à la logistique de distribution. À défaut, le déficit structurel continuera de miner les efforts d'autosuffisance.

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
62 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe