Gaz : Le Cameroun et la Guinée Équatoriale s'accordent sur l'unitisation du champ Yoyo-Yolanda
Dernière mise à jours il y'a 4 semaineAprès trois années de négociations au point mort, le ministre camerounais des Mines par intérim, Fuh Calistus Gentry, à la tête d'une mission officielle en Guinée équatoriale, scelle cet important accord.
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Ce texte, qui transforme deux gisements distincts en une seule entité opérationnelle, est l'aboutissement d'une accélération fulgurante amorcée en novembre 2025 lors du passage à Yaoundé du vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue. Pour les deux capitales, il ne s'agit plus seulement d'extraire des hydrocarbures, mais de démontrer que l'intégration régionale peut se concrétiser par le partage d'un même destin gazier.
Le socle juridique de cette ambition repose sur l'accord bilatéral de mars 2023, déposé en janvier 2025 auprès de l'Organisation des Nations Unies, garantissant une exploitation sécurisée et équitable. Sur le terrain, les opérateurs, conduits par les filiales du géant Chevron (Noble Energy), ont déjà validé l'option technique la plus efficiente : le raccordement des ressources camerounaises du bloc Yoyo aux infrastructures de pointe de Punta Europa sur l'île de Bioko. Cette synergie industrielle permet d'éviter la multiplication de structures coûteuses tout en profitant d'un terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) déjà rodé à l'exportation mondiale. La visite de la délégation camerounaise au complexe de Punta Europa, dès le 1er février, souligne cette volonté de s'appuyer sur un hub régional de traitement de condensats et de méthanol pour maximiser la valeur ajoutée locale.
Pour la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) et son partenaire GEPetrol, l'enjeu financier est de lever les derniers verrous administratifs avant le lancement des investissements massifs. L'unitisation permet d'harmoniser les clés de répartition des revenus, mettant fin aux incertitudes qui pesaient sur ce projet considéré comme l'un des plus structurants de la zone CEMAC. En mutualisant les réserves de Yoyo (Cameroun) et de Yolanda (Guinée équatoriale), les deux États créent un effet de taille capable de peser sur le marché international du gaz, tout en sécurisant l'approvisionnement nécessaire à l'industrialisation domestique. Cette approche pragmatique de la coopération Sud-Sud devient ainsi le rempart le plus efficace contre le déclin naturel des anciens puits pétroliers.
Le déploiement opérationnel attendu pour les prochains mois marquera l'entrée de l'Afrique centrale dans une ère de "Smart Energy", où la ressource est gérée de manière coordonnée au-delà des limites territoriales. L'accord de Malabo, par sa portée technique et symbolique, consacre une vision où l'énergie devient le ciment de l'intégration économique régionale. Alors que la demande mondiale pour le gaz naturel ne faiblit pas, Yaoundé et Malabo envoient un signal de stabilité et de maturité aux investisseurs globaux. La réussite de Yoyo-Yolanda n'est désormais plus une simple hypothèse de travail, mais la réalité d'un moteur de croissance partagé qui s'apprête à redéfinir les équilibres financiers du Golfe de Guinée pour la décennie à venir.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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