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Gabon : Les jeux de hasard désormais sous contrôle de l'Etat

Dernière mise à jours il y'a 2 semaine

A l'issue du Conseil des ministres du 29 décembre 2025, le gouvernement a approuvé la création de la Gabonaise des Jeux (GDJ). Cette nouvelle entité publique, placée sous la tutelle du ministère de l’Intérieur, remplace la Commission supérieure des jeux de hasard et marque la volonté de Libreville de reprendre le contrôle d'un marché dont les revenus échappaient jusqu'ici largement aux caisses du Trésor public.

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La naissance de la GDJ répond à une obsolescence législative devenue préjudiciable pour l'économie nationale. Le cadre juridique de 2004, limité aux activités physiques, s'avérait impuissant face à l'explosion des paris en ligne. Malgré une taxe de 4,5 % instaurée en 2024, la contribution fiscale directe du secteur stagnait à moins de 0,01 % du PIB. En 2024, l'État ne percevait que 185 millions FCFA, alors que le volume d'affaires réel du segment des paris sportifs est évalué à plus de 3 milliards FCFA (5,3 millions USD) par les analystes financiers.

Le pivot technologique de cette réforme est la plateforme numérique e-Tech SAS. Fruit d'un partenariat public-privé avec un opérateur canadien, cet agrégateur centralise désormais l'intégralité des flux financiers de l'écosystème des jeux. Depuis la mise en demeure d'octobre 2025, les opérateurs ont l'obligation de s'interconnecter à ce système pour garantir la traçabilité des transactions, sécuriser le paiement des gains et optimiser la collecte des prélèvements. Ce dispositif moderne vise à éradiquer l'informel et à protéger les parieurs contre les dérives addictives.

Dès l'exercice 2026, cette centralisation des ressources devrait permettre une hausse substantielle des recettes publiques, avec une croissance annuelle projetée à 8,3 %. Les fonds ainsi mobilisés seront réorientés vers les priorités sociales du pays, notamment l'éducation et la santé. Pour le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), cette réappropriation souveraine du secteur des jeux n'est pas seulement budgétaire ; elle symbolise la fin de l'impunité et le rétablissement de la discipline dans une niche économique longtemps restée dans l'ombre.


Ndjomo Carlos

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