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Financement : Face à un déficit de 150 milliards de dollars, la BAD prône le recyclage des actifs publics

Dernière mise à jours il y'a 4 heures

Réunis à Brazzaville le 25 mai 2026, en marge des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), les ministres des Finances et les dirigeants d'institutions multilatérales ont examiné la mise en œuvre du recyclage d'actifs.

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 Portée conjointement par la BAD et la plateforme Africa50, cette orientation financière vise à céder ou à concéder au secteur privé la gestion d'infrastructures arrivées à maturité, telles que les axes routiers ou les terminaux portuaires. L'objectif est de dégager de nouvelles liquidités immédiatement réinjectables dans des projets en construction, alors que le besoin de financement annuel non couvert pour les infrastructures continentales culmine à 150 milliards de dollars.

Pour les promoteurs de ce mécanisme, l’enjeu consiste à capter l'épargne privée internationale sans détériorer les ratios d'endettement des administrations publiques. Le directeur général d'Africa50, Alain Ebobissé, insiste sur l’impératif de transparence et d'utilité collective lors du transfert de ces droits d'exploitation. Certains pays se positionnent déjà comme des terrains d’expérimentation pour cette stratégie de refinancement. C’est le cas du Sénégal, où un récent recensement des biens de l'État indique que 40 % du patrimoine public est éligible à ce type de valorisation. Une telle bouffée d'oxygène permettrait de soulager les finances de Dakar, dont l'encours de la dette publique flirte désormais avec le seuil critique de 120 % du produit intérieur brut (PIB).

De son côté, la Côte d'Ivoire envisage d'impliquer directement son fonds souverain pour structurer ces transactions de haut de bilan, tandis que la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA) se dit prête à co-investir auprès des opérateurs privés. Les participants à cette table ronde ont toutefois fixé une condition stricte pour préserver l'orthodoxie financière de ces opérations : les ressources générées par la monétisation du patrimoine étatique doivent exclusivement financer des infrastructures productives, génératrices de croissance et d’emplois. Il est formellement interdit d’allouer ces fonds exceptionnels au comblement des déficits budgétaires courants, une discipline indispensable pour pérenniser l’impact économique de cette gestion patrimoniale.


Asaba

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