Filière crevettes : Le secteur cumule un manque à gagner de 4 milliards de FCFA par an
Dernière mise à jours il y'a 3 heuresPrincipal produit halieutique d’exportation du pays, la crevette camerounaise se trouve à la croisée des chemins. Malgré une contribution estimée à 12 % du PIB de la pêche et une valeur ajoutée de 47 millions de dollars, ce secteur stratégique peine à s'affranchir de pesanteurs structurelles. Une analyse menée dans le cadre du programme FISH4ACP souligne une réalité préoccupante : l'informalité domine 84 % des transactions commerciales, tandis que le maillon essentiel de la capture est majoritairement assuré par des opérateurs expatriés. Cette configuration fragilise la maîtrise nationale sur une ressource pourtant hautement rémunératrice.
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Le déficit en infrastructures de conservation constitue le principal frein à l'épanouissement de cette activité. Chaque année, plus de 4 milliards de FCFA s'évaporent en pertes post-capture, faute d'une chaîne de froid efficiente. L'absence de glace et de chambres froides sur les sites de débarquement contraint les pêcheurs à des ventes précipitées ou à constater la dégradation précoce de leurs prises. Ce marasme logistique favorise une fuite massive de la production, notamment dans la zone du Ndian où près de 60 % des volumes s'écoulent vers les circuits opaques du Nigeria voisin. La captation de la richesse échappe ainsi aux circuits fiscaux et commerciaux officiels du Cameroun. L'efficience de la logistique devient ici le garant de la croissance future.
Sur la scène internationale, l'accès aux marchés les plus prestigieux demeure une équation non résolue. Depuis 2009, les frontières de l'Union européenne restent fermées aux exportations camerounaises. Cette exclusion est accentuée par les avertissements de la communauté internationale concernant la lutte contre la pêche illicite. Bien qu'un laboratoire national de contrôle existe, son inactivité actuelle empêche la certification sanitaire indispensable pour conquérir les étals occidentaux. La fragmentation de la gouvernance, impliquant plusieurs départements ministériels sans coordination formelle, ralentit l'adoption des réformes nécessaires pour restaurer la signature sanitaire du pays. La maîtrise des flux par des acteurs professionnels favoriserait une meilleure liquidité.
Le redressement de ce pilier de l'économie repose désormais sur une volonté de transformation réelle. L'adoption de la loi du 23 décembre 2024 sur la pêche offre un nouveau cadre législatif, mais son efficacité reste tributaire d'investissements concrets sur le terrain. La modernisation des sites de débarquement par l'énergie solaire et la mise en service effective des outils de contrôle vétérinaire sont identifiées comme des leviers prioritaires. L'ambition est de permettre aux acteurs locaux de devenir les véritables moteurs d'une filière intégrée. Chaque investissement dans la traçabilité fortifie la résilience du secteur face aux exigences mondiales. Chaque placement effectué consolide la solidité du système de production halieutique national.
BCN
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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