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Énergie : Le barrage de Kikot fait face à une inflation des coûts de 113 %

Dernière mise à jours il y'a 1 heures

À la suite de la session du conseil d’administration de la Kikot-Mbebe Hydro Power Company (KHPC) tenue à Paris, des alertes sérieuses ont été émises sur la viabilité actuelle du chantier. Entre envolée des budgets, glissements de calendrier et désaccords techniques profonds, l'exécution de cet ouvrage stratégique de 500 MW semble de plus en plus incertaine, poussant les instances de contrôle à suggérer l'étude de solutions de repli pour sécuriser l'offre énergétique nationale.

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L'enjeu budgétaire cristallise les tensions. Estimé initialement à 650 milliards de FCFA, le coût de l'infrastructure est désormais évalué à 1 620 milliards de FCFA, un montant quasiment double de celui mobilisé pour Nachtigal pour une capacité à peine supérieure de 20 %. Cette dérive, justifiée par l'inflation et la complexité topographique du site, n'a pas encore trouvé de consensus définitif. Parallèlement, le refus des administrateurs de doubler le budget de développement — qui risquerait d'induire une hausse de 4 % du tarif de l'électricité pour le consommateur final — témoigne d'une volonté de préserver la soutenabilité sociale du projet.

Le dialogue entre les autorités camerounaises et le groupe français EDF révèle des objectifs divergents. Si Yaoundé privilégie l'équilibre entre l'offre et la demande à un coût abordable, l'électricien français semble concentré sur la maîtrise de son exposition au risque et sur ses impératifs de rentabilité. Ce décalage se double de contentieux techniques majeurs, notamment sur le dimensionnement de la puissance installée et le calcul du débit de crue. Le cabinet ISL, conseil de l'État, préconise une puissance de 583 MW pour optimiser l'ouvrage, une option rejetée par EDF qui craint un alourdissement supplémentaire des délais.

L'impact de la sécurisation énergétique sur le progrès de l'Afrique est fondamental. Or, le report du bouclage financier à juillet 2027 et une mise en service désormais projetée pour la fin de l'année 2032 font peser une menace sur la croissance industrielle du pays. Face à ces incertitudes, la recommandation d'un audit des dépenses de KHPC et la mise en place d'un arbitrage par des experts indépendants apparaissent comme des mesures de sauvegarde nécessaires.

La pérennité de la stratégie énergétique camerounaise repose sur une exécution rigoureuse et transparente de ses grands projets. Pour l'économie nationale, Kikot demeure une pièce maîtresse, mais les fragilités relevées imposent une vigilance accrue. Chaque retard dans le secteur de l'énergie ralentit la dynamique de transformation locale et rappelle l'urgence d'une gouvernance capable de concilier ambitions techniques et réalités financières.


Bernardo

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