Diversification des recettes de l'État : Le Gabon mise sur l'hévéaculture
Dernière mise à jours il y'a 3 moisFace à l'érosion des revenus pétroliers, le Gabon concrétise sa stratégie de diversification en relançant sa filière caoutchouc, visant une production d'usine de 2500 tonnes dès 2026.
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Cette démarche s'inscrit dans la continuité du Plan d'Accélération de la Transformation (PAT) et vise à transformer des actifs agricoles dormants en sources de revenus d'exportation stables, réduisant ainsi la forte exposition du pays à la volatilité des prix du baril. L'effort de relance repose largement sur l'opérateur Olam Rubber Gabon (ORG), une coentreprise qui gère une concession de 37000 hectares, dont une partie est dédiée à l'hévéaculture. Cette société joue un rôle pivot non seulement dans la production industrielle mais aussi dans la structuration de la filière villageoise. ORG a mis en place un programme d'approvisionnement auprès des petits exploitants, encourageant l'intégration des planteurs locaux, notamment organisés en coopératives. En 2022, la production villageoise avait atteint 415 tonnes d'hévéa, un volume valorisé à 125 millions de FCFA, un chiffre qui a progressé de 53 % deux ans plus tard. Ce modèle coopératif garantit l'approvisionnement en latex nécessaire au redémarrage des unités de transformation, tout en assurant une source de revenu aux communautés rurales. Les investissements dans l'hévéaculture, notamment ceux engagés par des multinationales comme Olam, confirment l'attractivité du Gabon, soutenu par des avantages fiscaux et un environnement agro-climatique propice à cette culture d'exportation.
Si l'objectif de 2500 tonnes de caoutchouc usiné pour 2026 marque un pas significatif pour l'industrie gabonaise, il doit être mis en perspective avec les volumes de production du leader de la sous-région. Le Cameroun domine en effet la filière caoutchouc de la CEMAC de manière écrasante. Selon les estimations de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) pour 2025, le Cameroun devrait représenter à lui seul 93,6 % de la production communautaire totale, avec un volume projeté à 59100 tonnes. La production gabonaise était, quant à elle, projetée à seulement 4000 tonnes en 2025.
L'écart met en lumière l'ampleur du chemin à parcourir pour que le Gabon puisse véritablement s'imposer comme un acteur majeur et diversifié. La relance de l'usine gabonaise vise donc moins à concurrencer directement le Cameroun qu'à assurer la transformation locale de la matière première, générant ainsi une valeur ajoutée et des emplois sur place, condition sine qua non de la politique d'industrialisation gabonaise. La réussite de l'objectif de 2500 tonnes sera le premier indicateur de la solidité de cette stratégie hors-hydrocarbures.
BCN
Floyd Miles
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