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Dette en zone CEMAC : Le Cameroun concentre 60 milliards de FCFA d'impayés sur une ardoise communautaire de 263 milliards

Dernière mise à jours il y'a 8 heures

L'idéal d'une Afrique centrale unie se heurte à une réalité comptable brutale. Le bilan de santé financière de la CEMAC, dévoilé le 16 février 2026 à Malabo lors d'un grand oral devant les parlementaires de la zone, révèle une institution au bord de l'asphyxie.

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 Le mécanisme de la Taxe communautaire d’intégration (TCI), censé garantir l'autonomie de l'organisation, subit les contrecoups des arbitrages budgétaires nationaux. En 2025, à peine 60 % des prélèvements attendus ont effectivement irrigué les caisses communes. Ce tarissement de la ressource propre a engendré une dette cumulative vertigineuse de 263,5 milliards de FCFA, transformant la Commission en un créancier impuissant face à ses propres géniteurs.

Dans ce sombre panorama, la position du Cameroun suscite une attention particulière. En tant que locomotive économique de la sous-région, le pays porte un passif de 59,9 milliards de FCFA, représentant près du quart de l'ardoise globale. Si Bangui affiche un découvert légèrement supérieur (61,8 milliards), le poids relatif de Yaoundé dans les échanges régionaux rend son arriéré d'autant plus symbolique du grippage institutionnel. À l'exception notable de Libreville, qui ne doit plus que 6,1 milliards, l'ensemble des capitales de la zone (de Brazzaville à N'Djamena)  semble s'être résigné à une forme de passivité fiscale vis-à-vis de l'autorité de Bangui. Ce déficit de solidarité financière entrave désormais la mise en œuvre des réformes structurelles et des infrastructures transfrontalières jugées indispensables.

Les conséquences de ce désengagement ne sont plus seulement théoriques. Dès le 5 février 2026, Baltasar Engonga Edjo’o, président de la Commission, a été contraint de décréter une cure d'austérité drastique en gelant toutes les interventions non vitales. Le rapport de l'institution plaide aujourd'hui pour une refonte du système de collecte, prônant un durcissement du cadre de recouvrement pour extraire la TCI des circuits de trésorerie nationaux. Sans une automatisation des transferts et un apurement volontariste des créances, l'architecture communautaire risque de demeurer une structure de papier, incapable d'incarner le moteur de croissance et de compétitivité attendu par les économies de l'Afrique centrale.


Bernardo

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