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Cyber-harcèlement : Le ras-le-bol des consommateurs

Dernière mise à jours il y'a 3 mois

Les utilisateurs de services de téléphonie mobile en Afrique centrale dénoncent de plus en plus ouvertement les intrusions numériques persistantes qu'ils assimilent à du cyber-harcèlement . Quotidiennement, un nombre massif d'utilisateurs se plaignent d'être la cible d'une vague d'appels et de messages non sollicités, émanant aussi bien des opérateurs eux-mêmes que de leurs partenaires commerciaux.

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Ces abus se manifestent sous différentes formes  de la sollicitation commerciale récurrente aux SMS publicitaires incessants, souvent automatiques. Les abonnés expriment un profond sentiment de frustration face à la nuisance et à la perturbation engendrées. « Quand le téléphone sonne, alors que tu es concentré sur tes tâches, pour découvrir que c'est un spam, l'énervement monte vite », confie un abonné excédé par ces interruptions. Un autre utilisateur s'interroge sur l'origine de la fuite de ses données personnelles, tout en regrettant l'encombrement de sa messagerie par des campagnes de sensibilisation jugées excessives. Les messages écrits, parfois titrés par des formules incitatives comme DompteTaVie ou Reviens, noient les informations utiles. Si ces communications ne sont pas toujours le fait des opérateurs de réseaux, elles proviennent fréquemment d’agences de marketing, d'instituts de sondage, de banques, ou de sociétés tierces qui disposent des coordonnées des clients.

Le problème ne se limite pas aux SMS. Les appels insistants des services clients sont également pointés du doigt. ASABA Clément, graphiste à Yaoundé, se plaint d'être dérangé par des agents qui l'interpellent par son nom de famille pour des rappels d'abonnement ou des enquêtes de satisfaction, des informations qui pourraient, selon lui, être gérées par une simple notification sur l'écran de télévision, comme cela se faisait auparavant. Cette intrusion dans le temps professionnel ou privé est perçue comme un manque de respect pour la tranquillité des clients.


Face à ce désordre numérique, la question de la protection des données et du démarchage abusif se pose avec acuité. L'Agence de régulation des télécommunications (ART) au Cameroun a, par le passé, été saisie par des associations de consommateurs dénonçant l'envoi de SMS non sollicités et la disparition présumée de crédits suite à l'abonnement forcé à des services. De plus, les pays de la CEMAC, dont le Cameroun, sont régis par des textes visant à encadrer les communications électroniques.

Notamment, une directive de la CEMAC interdit l'utilisation de systèmes d’appel automatisés ou d'envois de courriers électroniques à des fins de prospection directe sans le consentement préalable et éclairé des abonnés. Malgré l'existence de ces cadres et l'effort des régulateurs pour endiguer les pratiques illégales (notamment les arnaques qui pullulent sur les réseaux), les consommateurs ressentent un vide dans l’application des mesures protégeant leur quiétude face aux pratiques de marketing direct qui s'intensifient. L'opacité sur la cession des numéros de téléphone à des fins commerciales reste une source majeure de mécontentement.


Bernardo

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