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Crise post-électorale : Le Gecam évalue les pertes à 254,6 milliards de FCFA

Dernière mise à jours il y'a 2 semaine

L'économie camerounaise panse ses plaies après les turbulences ayant suivi le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025. Un rapport d’enquête exhaustif, publié par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) le 6 janvier 2026, dresse un inventaire comptable alarmant des préjudices subis. Selon les investigations menées auprès de 289 entités et 11 organisations professionnelles, ces pertes globales affectent de manière concomitante la viabilité du secteur privé et l'équilibre des finances publiques.

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Le tissu entrepreneurial supporte l'essentiel de ce fardeau avec un manque à gagner chiffré à 211,4 milliards de FCFA, soit environ 0,6 % du produit intérieur brut national. Cette érosion de la valeur provient principalement d'une contraction brutale du chiffre d'affaires, estimée à 33,5 % en moyenne durant la période de paralysie. Les dommages matériels directs, incluant des actes de vandalisme, des incendies et des spoliations, alourdissent la note de 9,1 milliards de FCFA. Ce tarissement de l'activité a mécaniquement amputé les recettes de l'État : l'administration fiscale enregistre une défaillance de 43,3 milliards de FCFA, essentiellement au titre de la TVA et de l'impôt sur les sociétés.

La ville de Douala s'affirme comme le point névralgique de ce sinistre économique, concentrant à elle seule 65 % des pertes nationales, pour un montant de 160,3 milliards de FCFA. Sur le plan sectoriel, l'hôtellerie et la restauration arrivent en tête des victimes avec une chute d'activité de 53,4 %, suivies de près par le BTP et le segment industrie-énergie. L'enquête révèle également des indicateurs sociaux critiques : 75 % des entreprises ont dû interrompre totalement leur production, tandis que l'inflation a grimpé à 20,1 % en moyenne, atteignant des pics de 32,5 % dans les circuits agricoles en raison du blocage des flux logistiques.

Face à cette déflagration, le patronat appelle à une intervention d’urgence pour éviter des faillites en chaîne. Les recommandations adressées à l'exécutif privilégient des mesures d'oxygénation de la trésorerie, notamment par des moratoires fiscaux et la suspension des contrôles administratifs. Le rétablissement de la fluidité sur les corridors de transport et la mise en place de lignes de crédit spécifiques pour les très petites entreprises sont présentés comme les conditions sine qua non d'une reprise durable de la croissance dans un climat social lourdement détérioré.


BCN

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