Construction du pont de Malombo : Le taux d'exécution satisfaisant
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresL'inertie habituelle des grands chantiers publics camerounais vient de trouver son contre-exemple sur les rives du fleuve Nyong. À Malombo, dans le département du Nyong-et-Kéllé, l'ouvrage d'art en cours de construction affiche une bonne avancée : avec un taux de réalisation physique de 75 % pour seulement 60 % de temps consommé, le projet s’érige en modèle d’efficience industrielle.
Lire aussi : Infrastructures : Le boulevard de Bamenda prend forme
Le 14 janvier 2026, l'élévation de la charpente métallique marque une étape psychologique et technique cruciale, transformant une promesse de désenclavement en une réalité d'acier visible par tous. Pourtant, cette célérité de l'entreprise CFHEC dessine un paradoxe cinglant : le chantier avance plus vite que la capacité de l'État à honorer ses engagements financiers, plaçant la performance technique sous la menace constante d'une asphyxie budgétaire. L'architecture de l'ouvrage, qui se dévoile méthodiquement, témoigne d'une maîtrise rigoureuse des processus de montage en milieu fluvial. L'installation de la structure métallique, phase délicate entre toutes, est menée avec une anticipation qui permet de s'affranchir des contraintes saisonnières du débit du Nyong. En visant une livraison anticipée, la société chinoise CFHEC cherche non seulement à optimiser ses coûts de mobilisation, mais aussi à démontrer la viabilité d'un modèle d'exécution où la logistique de terrain prime sur les pesanteurs administratives. Cette avance sur le calendrier contractuel est un signal fort envoyé aux autorités, prouvant que la barrière technique n'est plus le principal frein au développement des infrastructures nationales.
Toutefois, la pérennité de ce rythme de travail est suspendue au règlement des décomptes en souffrance. Le malaise est palpable : alors que le pont prend corps, l'accumulation des impayés fragilise l'équilibre de la trésorerie de l'entreprise, risquant de transformer cette prouesse de génie civil en un contentieux financier complexe. Le Maître d’ouvrage se trouve désormais face à ses responsabilités ; il doit impérativement aligner le flux des paiements sur la réalité du terrain pour ne pas briser cet élan de productivité. En 2026, la réussite de Malombo ne se jugera pas uniquement à la solidité de son tablier, mais à la capacité des institutions publiques à soutenir les partenaires qui respectent, et même dépassent, les exigences de ponctualité.
L'aboutissement de ce franchissement redéfinira durablement la cartographie économique du département en reliant les bassins agricoles aux centres de consommation. Au-delà de l'ouvrage d'art, c'est toute une vision du développement qui est en jeu : celle d'une administration capable de suivre la cadence imposée par ses propres prestataires. Pour l'élite économique du pays, le pont de Malombo est désormais le baromètre d'une nouvelle ère dans le BTP camerounais, où l'excellence opérationnelle ne doit plus être freinée par les archaïsmes financiers. L'achèvement imminent de cette structure métallique marquera la fin d'une rupture géographique séculaire, à condition que le pragmatisme budgétaire vienne enfin épauler l'ambition technologique.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Articles similaires
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.