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Classement des ports à conteneurs : Quand les lenteurs administratives plombent les performances du PAD et du PAK

Dernière mise à jours il y'a 4 semaine

L'allongement du temps de stationnement des navires à quai hypothèque l'ambition camerounaise de s'imposer comme le pôle logistique de l'Afrique centrale. L’évaluation mondiale matérialisée par le Container Port Performance Index (CPPI) répertorie le port de Douala au 370e rang mondial sur 403 infrastructures analysées, tandis que le complexe en eau profonde de Kribi stagne à la 395e place.

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Malgré des gains respectifs de 11 et 2 places en un an, les deux plateformes camerounaises accusent un retard important vis-à-vis des références continentales. Les lourdeurs bureaucratiques et les formalités documentaires constituent les principaux facteurs d’inertie. Les navires commerciaux ne consacrent que 43 % de leur temps global d'escale à quai à Douala, et à peine 47 % à Kribi, le reste du séjour maritime étant absorbé par l'attente en rade et la coordination des circuits administratifs.

Le contraste est saisissant entre l’engorgement des circuits documentaires et la vitalité commerciale des terminaux. Un an après l'extension des infrastructures de manutention, le port de Kribi a traité 750 000 équivalents vingt pieds (EVP) au cours de l'exercice 2025, matérialisant une progression de 82 %. L'activité de transbordement vers les marchés régionaux comme le Nigeria, l'Angola et l'hinterland continental représente désormais 70 % des cargaisons de la plateforme sudiste. Toutefois, l’indice d'inefficacité bureaucratique plombe la compétitivité du site avec un score négatif de -297,8 points pour Kribi, contre -101,6 points pour l'estuaire du Wouri. Les structures portuaires nationales subissent ainsi la concurrence immédiate de Malabo et Bata, installés aux 10e et 22e rangs africains, ainsi que d'Owendo au Gabon, positionné à la 24e place.

Les gestionnaires des terminaux et les autorités du Port autonome de Douala émettent des réserves quant aux critères d'évaluation retenus par les institutions financières internationales. Les critiques se focalisent sur l'absence de pondération liée aux spécificités des ports d’estuaire, soumis aux cycles des marées, et sur l’intégration indifférenciée des trafics pétroliers ou conventionnels. Les opérateurs estiment que l'indice omet des variables déterminantes comme le volume net traité, la taille des navires ou la densité des connexions routières intérieures. La mise en place de comités de facilitation du trafic et la dématérialisation complète des procédures douanières s'imposent désormais comme les leviers incontournables pour réduire les délais d'immobilisation des cargaisons et abaisser les coûts d'importation pour l'économie nationale.


Nlend Flore

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