CEMAC : Le Dépositaire central unique entre en activité
Dernière mise à jours il y'a 1 moisLe 22 décembre 2025, la capitale camerounaise Yaoundé sera le théâtre de l'acte de naissance officiel du Dépositaire central unique (DCU-CEMAC). Sous l'impulsion d'Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, cette assemblée générale constitutive vient parachever un long processus de restructuration initié pour harmoniser les transactions boursières dans la sous-région.
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Cette nouvelle institution, structurée en société anonyme avec conseil d’administration, dispose d'une assise financière de 5,2 milliards de FCFA. Sa mission principale consistera à assurer la garde sécurisée des actifs mobiliers et à fluidifier le dénouement des échanges au sein de la zone communautaire, mettant ainsi un terme à une période de transition qui n'avait que trop duré. Pour garantir la réussite de cette mutation, la banque centrale a dû s'impliquer directement dans l'équilibre du capital. En plus de sa propre quote-part, l’institut d’émission a consenti un effort financier de plus de 1,8 milliard de FCFA pour compenser temporairement les retards de libération de fonds de certains actionnaires. Ce portage transitoire a été le levier nécessaire pour débloquer la création juridique de l'entité. L’actionnariat du DCU-CEMAC reflète la diversité de l'écosystème financier régional. On y retrouve des établissements bancaires, des gestionnaires d'actifs, des sociétés de bourse, ainsi que les groupements patronaux dont la participation est appelée à atteindre 5 % à terme. Parallèlement, les administrations du Trésor des six pays de la zone suivent de près l’opération en tant qu’observateurs, compte tenu de leur dépendance croissante au marché des titres publics.
Depuis le regroupement des places boursières de Libreville et de Douala en 2019, la conservation des titres était assurée par défaut par la banque centrale. L’entrée en fonction du nouveau dépositaire marque une séparation nette des rôles. Si la banque centrale demeure le pivot pour l'émission des valeurs du Trésor, le volet opérationnel lié à la conservation et aux transactions sur titres bascule désormais sous la responsabilité du DCU-CEMAC. La gouvernance de cette structure se dessine déjà avec le lancement du processus de sélection de son premier dirigeant. Le futur conseil d'administration devra trancher entre trois candidats sélectionnés pour leurs compétences techniques. Cette équipe dirigeante aura la lourde tâche de restaurer la confiance entre les différents acteurs du marché, dont les relations ont parfois été ternies par les lenteurs administratives du précédent dispositif.
Au-delà de l’aspect technique, l’enjeu est avant tout celui de la crédibilité. Un dépositaire unique et autonome est un gage de sécurité pour les investisseurs, locaux comme internationaux. En automatisant et en sécurisant le cycle de règlement-livraison, cette infrastructure doit permettre d’accroître la liquidité d'un marché financier qui cherche encore son second souffle. Cette naissance juridique arrive à point nommé pour stabiliser un secteur en pleine mutation. En consolidant les mécanismes de conservation, la CEMAC espère transformer son paysage financier en un espace plus transparent, capable de mobiliser l'épargne nécessaire au développement des infrastructures et des entreprises du bassin du Congo.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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