CEMAC : La demande des banques présente des signes d'essoufflement
Dernière mise à jours il y'a 4 moisLe secteur bancaire de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) a récemment été le témoin d'une opération qui en dit long sur la situation du marché.
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La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a mis en circulation une nouvelle offre de liquidités de 600 milliards de FCFA, mais les banques commerciales de la région n'en ont absorbé que 458 milliards de FCFA. Le rejet de 142 milliards de FCFA de liquidités soulève des interrogations sur les raisons pour lesquelles les banques manquent d'appétit pour l'argent de la banque centrale.
Pour la deuxième fois en une semaine, la BEAC a proposé cette enveloppe de liquidité. Cette stratégie répondait à la forte demande exprimée par les banques après l’abaissement du taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) en mars 2025, une décision qui avait mis fin à plus de deux années de resserrement monétaire. La baisse du TIAO a relancé la demande de refinancement auprès de la banque centrale, avec des pics qui dépassaient parfois les 500 milliards de FCFA. Face à cette pression, la BEAC a relevé progressivement le plafond de ses interventions, passant de 200 milliards auparavant à 600 milliards aujourd’hui, un niveau historique pour la région.
Les deux dernières opérations à 600 milliards montrent une forme d’essoufflement de la demande. Elle semble se stabiliser autour des 450 milliards de FCFA, malgré un marché du crédit plus dynamique qu’en début d’année. Selon plusieurs banquiers, cette situation reflète à la fois l’essor de la distribution de crédits et une prudence accrue face aux risques. La période actuelle, marquée par la rentrée scolaire et l’octroi de prêts aux ménages pour financer frais et fournitures, illustre cette tension entre le soutien à la consommation et la vigilance nécessaire face à la qualité du portefeuille de prêts.
Le principal enjeu de cette situation concerne l’économie réelle. Si les banques disposent de liquidités mais ne les prêtent pas aux entreprises et aux ménages, l'injection de la BEAC ne parvient pas à son but final, qui est de stimuler l'activité économique. Ce manque de crédit peut freiner l’investissement, limiter la croissance des entreprises et, à terme, entraver la création d’emplois. Le véritable défi pour la zone CEMAC est de retrouver un équilibre entre la politique monétaire de la BEAC et le besoin de financement de l'économie, afin de traduire la liquidité bancaire en un moteur de développement.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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