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CEMAC : L'IATA alerte sur le risque d'isolement

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

L'avenir de la connectivité aérienne en Afrique Centrale est menacé par des contraintes monétaires. L'Association du transport aérien international (IATA) a lancé un appel pressant aux régulateurs de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), dénonçant l'immobilisation d'une partie substantielle des recettes des compagnies aériennes internationales. La persistance de cette situation, selon l'organisation, fait peser un risque sérieux de rupture des liaisons commerciales vers les pays de la zone.

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Selon les données rendues publiques par l'IATA le 10 décembre 2025, le volume mondial des fonds appartenant aux transporteurs aériens et dont le rapatriement est bloqué atteint un montant colossal de 1,2 milliard de dollars. Fait inquiétant, l'Afrique et le Moyen-Orient se taillent la part du lion, concentrant près de 93 % de ces sommes. La CEMAC, qui regroupe six États (Cameroun, Congo, Tchad, Gabon, Guinée équatoriale et Centrafrique), est particulièrement concernée. La zone voit près de 179 millions de dollars (soit environ 101 milliards FCFA) de recettes de vols gelées. Cette situation place la CEMAC parmi les régions les plus problématiques au monde, juste derrière l'Algérie (307 millions de dollars) et le Liban, soulignant l'ampleur critique de la crise de liquidités en devises.


L'origine de ce blocage financier, qui entrave la capacité des transporteurs à rapatrier leurs revenus issus de la vente de billets et des opérations de fret, est imputée aux lourdeurs des processus monétaires. L'IATA pointe du doigt les procédures de validation mises en place par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Malgré une légère amélioration signalée depuis avril, l'organisation critique des processus jugés « fastidieux et incohérents », accusés d'être la cause des délais d'attente prolongés et de l'accumulation récurrente des arriérés. L'appel de l'IATA est sans équivoque : les autorités monétaires doivent « simplifier et accélérer » l'encadrement des mouvements de capitaux. L'organisation a notamment exigé la simplification du processus interne de validation en trois étapes et l’amélioration des délais de traitement pour résorber les arriérés.

L'enjeu va bien au-delà de la trésorerie des compagnies. Willie Walsh, le directeur général de l'IATA, a rappelé avec insistance que les « transporteurs ne peuvent pas fonctionner durablement si leurs revenus restent bloqués pendant des mois » et a exigé que les gouvernements respectent leurs engagements internationaux. Le principal danger réside dans l'isolement aérien. L'IATA met en garde contre les risques de réduction de capacité, de diminution des fréquences, voire de suspension pure et simple de routes aériennes vitales pour la CEMAC. Un tel scénario serait dévastateur pour l'intégration régionale et les échanges économiques, particulièrement dans un contexte où l'aviation commerciale est un pilier de la circulation des biens et des personnes.

Ce risque survient alors même que la région consent des efforts financiers pour moderniser ses plateformes. L'exemple du Cameroun, avec des investissements conséquents dans l'extension des chaussées aéronautiques de Douala (marché de 10,4 milliards FCFA), souligne le paradoxe : les infrastructures sont prêtes, mais les compagnies pourraient choisir de s'en détourner si le rapatriement de leurs bénéfices n'est pas garanti.


BCN

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