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Cemac : autopsie de la baisse du crédit bancaire

Dernière mise à jours il y'a 1 heures

La contraction de 636 milliards de FCFA enregistrée sur le volume global des concours bancaires au sein de la zone CEMAC au terme du premier trimestre 2026 traduit un durcissement marqué des conditions d'accès aux financements pour le secteur productif. L'analyse des agrégats sous-régionaux met en lumière une forte dissymétrie entre les différents marchés nationaux, dominée par le poids de l'économie camerounaise qui concentre à elle seule un repli de 549,7 milliards de Francs CFA, soit plus de 86 % du recul total.

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 La trajectoire baissière est accentuée par la place financière gabonaise avec un retrait établi à 189,2 milliards de Francs CFA, ainsi que par le marché tchadien affichant une diminution de 51,3 milliards de Francs CFA. À l'inverse, l'orientation positive observée au Congo avec une hausse de 57 milliards de Francs CFA, en Guinée équatoriale pour 30,8 milliards de Francs CFA et en Centrafrique à hauteur de 6,9 milliards de Francs CFA s'avère insuffisante pour résorber le tassement du bloc septentrional et gabonais.

Le premier facteur explicatif de cet assèchement des liquidités découle de la politique monétaire restrictive conduite par l'institut d'émission sous-régional. Les opérations d'aspiration des excédents bancaires et le maintien de taux directeurs élevés par la BEAC visent à freiner la création monétaire pour contenir l'inflation importée et consolider la couverture en devises de la communauté. Le renchérissement du coût du refinancement auprès de la banque centrale contraint les établissements de crédit à répercuter cette hausse sur leurs barèmes débiteurs, décourageant l'endettement à court et moyen terme des entreprises privées et des ménages.

Sur le marché camerounais, le recul important des encours s'explique en grande partie par le calendrier de remboursement des dettes à court terme souscrites par le Trésor public en fin d'exercice précédent. L'apurement de ces lignes de trésorerie par l'État réduit mécaniquement le volume des créances inscrites au bilan des banques commerciales. Un phénomène similaire s'observe au Gabon, où la restructuration du portefeuille de la dette intérieure et la réorganisation des paiements dans les filières pétrolière et minière ralentissent la distribution de nouveaux crédits de fonctionnement aux prestataires de l'État.

Face à la dégradation du profil de risque des petites et moyennes entreprises et à l'alourdissement du portefeuille de créances douteuses, les banques commerciales opèrent un arbitrage prudentiel vers les valeurs du Trésor. La souscription aux Bons du Trésor Assimilables et aux Obligations du Trésor offre aux établissements financiers des rendements garantis tout en optimisant le ratio de solvabilité imposé par la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC). Cette préférence marquée pour les titres publics souverains s'exerce au détriment du financement de l'économie réelle. Si le resserrement du crédit venait à se prolonger au cours des prochains trimestres, il risquerait d'affecter la formation brute de capital fixe et de ralentir le rythme de croissance du Produit Intérieur Brut de la zone CEMAC.


La rédaction

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bernardo carlos ndjomo
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