BTP : Razel Cameroun affiche une perte de 12,3 milliards de FCFA dans les comptes 2025 de Razel-Bec
Dernière mise à jours il y'a 11 heuresLes documents comptables de la maison mère française Razel-Bec pour l'exercice clos au 30 septembre 2025, lèvent un coin de voile sur la situation financière de sa filiale camerounaise.
Le bilan fait ressortir un résultat net négatif de 18,789 millions d'euros, soit environ 12,3 milliards de FCFA pour Razel Cameroun, en dépit d'un volume d'affaires s'élevant à 43,301 millions d'euros, l'équivalent d'environ 28,4 milliards de FCFA. Paradoxalement, l'entreprise mère a encaissé 457 000 euros de dividendes en provenance de sa filiale au cours de la même période, un flux qui ne préjuge pas de l'exercice d'origine de ces distributions mais témoigne de transferts de trésorerie déconnectés du seul résultat annuel de l'entité.
Le bilan du groupe met également en exergue l'ampleur des provisions constituées face aux risques internationaux. Sur un total de 92,541 millions d'euros d'autres provisions pour dépréciations enregistrées par Razel-Bec, plus de 90 millions d'euros concernent la couverture de comptes courants de filiales. Plus spécifiquement, la dépréciation des créances rattachées à la structure camerounaise atteint 8,119 millions d'euros, soit environ 5,3 milliards de francs CFA, venant s'ajouter aux provisions visant d'autres entités du groupe à l'international. Cette politique prudentielle traduit l'ajustement des valorisations comptables aux perspectives d'activité et à l'analyse des situations nettes locales au terme de l'exercice clos.
À ces arbitrages comptables, le groupe de BTP reste polarisé par un front contentieux sur le plan international. Engagées dans un litige face au canadien Magil Construction Corporation concernant des prestations exécutées sur le terrain national, les sociétés Razel-Bec et Razel Cameroun avaient obtenu gain de cause par une sentence arbitrale rendue publique par la Chambre de commerce internationale, condamnant la partie adverse à verser près de 35 millions de dollars canadiens. Face à cette décision, Magil a initié des recours en annulation successifs devant la Cour d'appel de Paris, visant à la fois les filiales du groupe français et, plus récemment, l'État camerounais. Entre redressement des marges, constitution de provisions et batailles juridiques transfrontalières, la trajectoire des acteurs majeurs du génie civil en zone Cemac illustre la complexité des risques inhérents aux grands chantiers d'infrastructure.
Nlend Flore
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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