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Accès des entreprises au crédit : La garantie de l'État désormais payante

Dernière mise à jours il y'a 1 semaine

L'accès au crédit sous l'aile protectrice du Trésor public camerounais change de paradigme. Pour l'exercice budgétaire 2026, le gouvernement a décidé de mettre fin à la gratuité de sa signature souveraine.

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Selon les dispositions de la nouvelle loi de finances, l'octroi de l'aval de l'État pour les emprunts bancaires des entreprises, qu'elles soient publiques ou privées, est désormais subordonné au versement préalable d'une commission. Ce nouveau prélèvement est fixé à 0,5 % du montant emprunté pour les entités parapubliques et grimpe à 0,75 % pour les opérateurs du secteur privé. Le paiement intégral de ces frais auprès du Trésor constitue une condition sine qua non pour tout déblocage de fonds par les banques partenaires.

Cette réforme vise à transformer la garantie souveraine, autrefois perçue comme un simple acte administratif, en un véritable instrument financier de gestion des risques. En monétisant son soutien, Yaoundé entend responsabiliser les bénéficiaires et limiter les sollicitations opportunistes qui pèsent sur les engagements hors bilan du pays. Pour l'année 2026, l'enveloppe globale consacrée à ce mécanisme de soutien au financement local est maintenue à 200 milliards de FCFA. Cette mesure permet d'améliorer la visibilité sur les passifs contingents de l'État, un point de surveillance de plus en plus scruté par les agences de notation et les bailleurs de fonds internationaux.

L'efficacité de ce levier a été démontrée au cours de l'exercice précédent. En 2025, trois entreprises locales majeures  (LP Industrie SA, Groupe Sohaing SAS et Camas SA) ont pu mobiliser un total de 27 milliards de FCFA auprès de la Banque de Développement des États de l'Afrique Centrale (BDEAC) grâce à ce dispositif. Cependant, l'introduction de cette tarification suscite des interrogations au sein du patronat. Si elle assainit les finances publiques, elle ajoute une charge financière supplémentaire qui pourrait renchérir le coût global du crédit, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises dont les marges de manœuvre sont déjà réduites par le durcissement des conditions monétaires régionales.

Parallèlement à ce soutien au marché domestique, l'État maintient une discipline stricte sur ses engagements extérieurs. Le plafond de l'aval accordé aux établissements publics pour les emprunts hors zone CEMAC demeure gelé à 40 milliards de FCFA pour 2026. Cette prudence budgétaire, couplée à la nouvelle tarification des garanties, souligne la volonté des autorités de rationaliser le recours à la dette indirecte. Le défi pour les mois à venir résidera dans la capacité des entreprises à absorber ce coût additionnel sans compromettre leurs projets d'investissement, essentiels pour la croissance économique nationale.


BCN

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