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TVA: la difficile équation de la collecte face au défi d'assainissement des finances publiques

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Pilier central de l'architecture fiscale camerounaise, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) s'impose en 2026 comme le baromètre de la souveraineté budgétaire du pays. Alors que le gouvernement intensifie ses efforts pour financer les grands projets d'infrastructure inscrits dans la Stratégie Nationale de Développement (SND30), l’optimisation de cet impôt indirect devient un impératif catégorique. Entre rendement mécanique et protection du pouvoir d’achat, l’exercice de collecte révèle les défis structurels d’une économie en pleine mutation.

Contrairement aux idées reçues, la charge réelle de la TVA ne pèse pas sur les entreprises, mais sur le consommateur final. Les opérateurs économiques ne sont que des collecteurs intermédiaires pour le compte du Trésor Public. Le mécanisme repose sur un principe de neutralité pour l'entreprise : celle-ci facture la taxe sur ses ventes (TVA collectée) et déduit celle qu'elle a payée sur ses propres achats professionnels (TVA déductible). Le montant reversé à l'État correspond donc à la différence entre ces deux masses, matérialisant ainsi l'impôt sur la « valeur ajoutée » créée à chaque étape de la chaîne de production ou de distribution.

Au Cameroun, la structure tarifaire de la TVA demeure stable, fixée à un taux général de 19,25 %. Ce chiffre agrège le taux principal de 17,5 % et les Centimes Additionnels Communaux (CAC) de 10 % calculés sur le principal. Pour illustrer cette mécanique, un produit affichant un prix hors taxes de 10 000 FCFA verra sa valeur finale atteindre 11 925 FCFA au passage en caisse. Cette précision arithmétique est le socle sur lequel repose une part prépondérante des recettes non pétrolières, lesquelles visent à franchir le cap des 3 000 milliards de FCFA de recettes fiscales globales pour l'exercice en cours.

L'enjeu majeur de 2026 réside dans la capacité de l'administration fiscale à capter la richesse là où elle se crée, notamment dans le secteur des services numériques et le commerce informel en voie de structuration. La dématérialisation des factures et l'interconnexion des systèmes de paiement mobile constituent des leviers technologiques de premier ordre pour réduire l'évasion fiscale, estimée par certains experts à plusieurs centaines de milliards de manque à gagner chaque année. En automatisant la collecte, l'État espère accroître son ratio de pression fiscale, actuellement en deçà de la moyenne africaine, sans pour autant augmenter la charge sur les contribuables déjà identifiés.

Toutefois, la quête de performance budgétaire se heurte à une réalité sociale impérieuse : la préservation du panier de la ménagère. La liste des produits de première nécessité  (riz, lait, pain, médicaments)  demeure hors du champ d'application de la TVA, représentant une dépense fiscale assumée par l'État pour contenir l'inflation. Cet arbitrage délicat souligne la complexité de l'équation : maximiser les ressources domestiques pour garantir l'indépendance financière vis-à-vis des bailleurs extérieurs, tout en évitant une asphyxie de la consommation intérieure, moteur indispensable d'une croissance durable vers l'émergence.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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