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Transport aérien : Royal Air Maroc suspend ses dessertes vers la CEMAC

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

La compagnie a officialisé l'interruption immédiate de ses vols vers 12 destinations internationales, une mesure de restriction qui frappe de plein fouet l'ensemble des six États membres de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

Pour justifier cette réduction drastique de son programme d'exploitation, la direction générale de la compagnie marocaine pointe la flambée non maîtrisée des cours du kérosène, accentuée par l'instabilité géopolitique au Moyen-Orient, conjuguée à un fléchissement de la fréquentation. Ce repli opérationnel retire subitement du marché régional un volume de 22 à 26 rotations hebdomadaires, amputant la capacité de transport de la zone de plus de 350 000 sièges par an.

La suspension des vols au départ du hub de Casablanca paralyse les liaisons directes vers les plateformes aéroportuaires de Douala, Yaoundé, Libreville, Brazzaville et Bangui. L'effacement du transporteur marocain, membre du réseau mondial Oneworld, laisse un vide logistique que le tissu entrepreneurial local est incapable de combler. Si l'opérateur gabonais Afrijet, adossé à la nouvelle structure Fly Gabon, préserve ses parts de marché sur le réseau domestique et de voisinage, les pavillons étatiques historiques demeurent plongés dans une profonde léthargie. Des compagnies comme la camerounaise Camair-Co ou la congolaise ECAir se débattent avec des flottes réduites et des contraintes de trésorerie qui leur interdisent de capter ce flux de clientèle ou de proposer des lignes de substitution vers le Maroc ou l'Europe.

Le trafic de passagers et de fret léger se trouve ainsi contraint de se réorienter vers les réseaux des géants d'Afrique de l'Est et de l'Ouest. Les plateformes de suivi des vols indiquent un report immédiat des voyageurs vers Ethiopian Airlines via son centre de transit d'Addis-Abeba, ainsi que vers ASKY Airlines ou RwandAir pour les liaisons transversales. Ce monopole de fait des opérateurs tiers fait peser un risque réel de volatilité tarifaire sur les billets d'avion résiduels. Sur la dernière décennie, la RAM était parvenue à capter plus de 40 % de son trafic régional en passagers de continuation vers l'Europe et l'Amérique du Nord via l'aéroport Mohammed V, s'imposant comme le principal concurrent des majors européennes. L'immobilisation forcée de ses flottes de Boeing 737-800 et 737 MAX 8 prive ainsi les milieux d'affaires et la diaspora d'un outil de connectivité à coût compétitif.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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