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Stockage du cacao : La Capef contruit deux entrepôts dans la zone portuaire de Douala

Dernière mise à jours il y'a 1 jours

La Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts du Cameroun(Capef) vient de poser un jalon logistique qui bouscule l'ordre établi. L'ouverture du premier entrepôt opérationnel agit comme un catalyseur car le cacao camerounais ne transite plus, il s'arme pour conquérir des marchés mondiaux de plus en plus exigeants. Entre les grues et les navires en attente, la Capef vient de bâtir le nouveau bunker de la souveraineté agricole du pays.

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Concrètement, l'offensive infrastructurelle de la Capef repose sur un déploiement de 2 000 m² de stockage couvert. Si le premier magasin de 1 000 m², achevé fin 2025, accueille déjà ses premières cargaisons en ce mois de janvier 2026, le second bâtiment est attendu pour une livraison en juillet prochain. À terme, ce complexe offrira une capacité statique de 11 000 tonnes. Mais le véritable tour de force réside dans la vélocité : avec une rotation des stocks estimée à deux semaines, ce site pourra traiter près de 100 000 tonnes par campagne. Cette fluidité est soutenue par une aire logistique extérieure de 4 500 m², conçue pour mettre fin au calvaire des transporteurs en provenance des bassins de production du Centre et du Sud, en offrant un espace de déchargement optimisé.

L'urgence de cet investissement est dictée par des chiffres qui donnent le vertige. Au cours de la dernière saison 2024-2025, le Cameroun a exporté 192 013 tonnes de cacao, générant des recettes records de 732,2 milliards de FCFA. Selon la note de conjoncture du ministère des Finances, la filière pèse désormais près de 43 % des revenus d'exportation du pays au premier semestre 2025. Dans un marché mondial où les prix ont bondi de plus de 147 % suite aux déboires climatiques des géants ivoirien et ghanéen, le Cameroun ne peut plus se permettre le luxe de la négligence logistique. Chaque kilo de cacao mal stocké ou retardé par la congestion portuaire est une perte sèche de devises pour le Trésor public.

Au-delà de la pierre et du béton, la Capef vise la consolidation du label "Origine Cameroun". En réduisant les ruptures de charge et les pertes post-récolte grâce à des entrepôts aux normes internationales, l'institution renforce la compétitivité d'une fève de plus en plus prisée pour son goût unique et son taux de matière grasse.  Alors que la concurrence se déporte sur le terrain de la durabilité et de la traçabilité, disposer d'un outil logistique performant au Port de Douala est devenu le bouclier indispensable des producteurs locaux face aux chocs du marché global. Le cacao camerounais n'a plus seulement besoin de bonnes pluies ; il exige désormais une logistique de classe mondiale pour transformer son abondance en richesse durable.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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