Numérique : L'Afrique concentre moins de 2 % des capacités d'hébergement mondial
Dernière mise à jours il y'a 3 heuresL'analyse structurelle publiée par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique (UNECA) met en exergue un paradoxe : si le continent abrite un bassin de consommation hyper-connecté d’un milliard d’habitants, avec un parc de serveurs qui est passé de 120 unités à 230 centres de données répertoriés, son infrastructure d'accueil reste embryonnaire.
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Cette asymétrie opérationnelle s’explique par la captation des segments à haute valeur ajoutée, tels que le traitement analytique, l'intelligence artificielle et la monétisation cloud, par les firmes transnationales occidentales et asiatiques dont les capitalisations boursières individuelles dépassent le seuil des 1 000 milliards de dollars. Bien que 39 des 55 États membres de l'Union africaine disposent désormais de lois encadrant l'environnement numérique, le manque d'harmonisation douanière et réglementaire favorise la fuite des flux transfrontaliers. Le coût de cette dépendance s'avère particulièrement lourd pour les finances publiques. Les modélisations de l'institution onusienne démontrent pourtant l'effet multiplicateur d'une réappropriation souveraine des flux statistiques, un investissement budgétaire d'un dollar dans la collecte et le traitement local des informations administratives générant un retour sur investissement de 32 dollars en économies de gestion et en ciblage des politiques sociales.
La mise en valeur locale des données de connectivité transforme pourtant déjà les secteurs réels de la production. Au Rwanda, l'implémentation de l'e-Franc par les autorités monétaires s'accompagne d'un recours aux technologies de registre distribué pour sécuriser l'épargne, tandis qu'en Tanzanie et en Éthiopie, les applications de messagerie et de certification blockchain sécurisent respectivement le rendement agricole de milliers d'exploitants et les parcours scolaires de 5 millions de lycéens. L'impulsion d'une véritable autonomie numérique continentale requiert l'injection de 6,8 milliards de dollars d'investissements d'ici 2030 pour structurer des parcs de calcul performants et rendre effectifs les protocoles de libre-échange de la ZLECAf, évitant ainsi le maintien d'une économie purement extractive au détriment des start-up locales.
Bernardo
Floyd Miles
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