Marché des titres : L'endettement des pays de la Cemac bondit de 26 %
Dernière mise à jours il y'a 1 semaineLe marché des titres publics de l'Afrique centrale connaît une accélération sans précédent de son activité. Entre janvier 2025 et janvier 2026, l'encours global des financements mobilisés par les six pays de la Cemac a grimpé de 26 %, s'établissant à 9 451,4 milliards FCFA. Selon les dernières statistiques de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC), cette augmentation représente une injection de près de 2 000 milliards FCFA en l'espace de douze mois seulement. Ce recours massif aux capitaux régionaux témoigne d'une dépendance accrue des budgets publics envers le marché financier domestique.
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Cette dynamique est marquée par un changement de leadership parmi les émetteurs. Le Gabon s'est montré particulièrement actif avec une hausse spectaculaire de 74 % de son encours, détrônant le Congo pour devenir le premier emprunteur de la zone avec plus de 30 % de parts de marché. Le Congo occupe désormais la deuxième place avec 29,5 %, tandis que le Cameroun complète le trio de tête avec une exposition représentant 19,3 % de la dette totale. Cette concentration des emprunts sur quelques États souligne les besoins de financement disparates au sein de la zone monétaire.
Fait marquant, cette ruée vers l'endettement s'opère dans un contexte de durcissement des conditions financières. En un an, le coût moyen des émissions est passé de 7,70 % à 8,78 %, sous l'effet de la politique monétaire restrictive de la BEAC visant à contenir les pressions inflationnistes. Les obligations à long terme sont les plus impactées par ce renchérissement, avec des taux moyens dépassant désormais les 10 %. Malgré ces coûts élevés, l'appétit des investisseurs ne faiblit pas, comme en témoigne l'amélioration notable du taux de souscription aux émissions souveraines sur la période.
L'année 2026 s'annonce tout aussi intense pour le marché financier sous-régional. Les prévisions indiquent que les États comptent mobiliser environ 3 900 milliards FCFA supplémentaires, dont une part prépondérante pour le Cameroun et le Gabon. Si cette vitalité confirme la maturité et la profondeur du marché local, elle soulève également des interrogations sur le profil de risque des banques commerciales. En tant que principaux acquéreurs de ces titres, les établissements de crédit s'exposent de plus en plus aux dettes souveraines, un phénomène qui pourrait influencer leur capacité à financer le secteur privé à l'avenir.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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