Macroéconomie : L'Afrique vise une croissance de 7 % en 2063
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresLe rythme actuel d'accumulation des richesses sur le continent s'avère insuffisant pour impulser une mutation industrielle d'envergure, malgré une expansion macroéconomique moyenne de 3,8 % enregistrée au cours des vingt dernières années. L'édition 2026 des Perspectives économiques en Afrique, dévoilée le 26 mai à Brazzaville lors de l'ouverture des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), met en exergue l'urgence d'une refonte des politiques d'investissement.
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Pour extirper les économies locales de la pauvreté, qui frappe encore 46 % de la population, l'institution panafricaine préconise de porter la croissance dans une fourchette comprise entre 7 % et 10 %. Cet objectif, indispensable pour honorer les ambitions de l'Union africaine, requiert une accélération massive de la formation brute de capital fixe.
Le principal écueil au développement ne réside pas dans la rareté des ressources, mais dans d'importantes défaillances de gouvernance qui alimentent une fuite de capitaux estimée à 587 milliards de dollars par an. Ce volume de flux financiers illicites et de détournements surpasse le montant total des recettes fiscales captées sur le continent, qui s'élevait à 578 milliards de dollars en 2023. De surcroît, l'inefficacité des dépenses publiques aggrave ce déficit, puisque 41 % des budgets d'investissement se volatilisent sans générer d'actifs productifs. Le redressement de ces anomalies techniques et de la corruption permettrait de libérer jusqu'à 1 430 milliards de dollars de marges de manœuvre annuelles, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds internationaux pour combler le besoin de financement des objectifs de développement, chiffré à 1 300 milliards de dollars par an.
Sur le plan technique, les projections modélisées indiquent que l'effort de rattrapage structurel impose de faire passer le taux de croissance du stock de capital de 3,3 % à 8,7 % par an d'ici 2030. Une telle trajectoire exige l'injection de 3 400 milliards de dollars d'investissements complémentaires sur la période allant de 2026 à 2035, portant l'effort global cumulé à 12 400 milliards de dollars sur la décennie. En s'inspirant des modèles à forte impulsion étatique comme ceux de l'Éthiopie ou du Rwanda, cette stratégie doit permettre d'ajouter 6 500 dollars d'actifs techniques par habitant. En optimisant simultanément la sélection et le suivi des chantiers logistiques, les administrations publiques pourraient glaner 0,4 point de croissance à long terme, rapprochant de manière décisive le continent des standards d'émergence requis.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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