Kye-Ossi : Zone de frictions...
Dernière mise à jours il y'a 6 heuresLes flux marchands dans la zone des trois frontières entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée équatoriale se heurtent à des barrières administratives persistantes. Une étude récente de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) met en lumière les réalités du commerce transfrontalier informel, particulièrement au niveau du carrefour de Kye-Ossi, avec 83% de commerçants dénonçant une fiscalité arbitraire.
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Le document souligne les tensions entre les opérateurs économiques et les services de contrôle, incluant la douane, la police et la gendarmerie. Les conclusions de l'enquête révèlent que les contraintes financières et bureaucratiques pèsent lourdement sur la fluidité des échanges, affectant prioritairement les femmes qui dominent le segment d'activité.
Le grief le plus alarmant formulé par les acteurs du secteur concerne la perception de taxes dépourvues de base légale. Selon les données recueillies, 83 % des répondants affirment subir des prélèvements sans délivrance de quittance officielle. La pratique suggère une déperdition significative des recettes publiques, toute transaction devant impérativement faire l'objet d'un reçu sécurisé. Le coût prohibitif des procédures formelles incite une vaste majorité d'opérateurs à contourner les bureaux officiels, préférant les circuits informels pour échapper à une pression fiscale jugée imprévisible.
Au-delà de la pression financière, la lourdeur des formalités administratives constitue un frein majeur au dynamisme économique. Environ 78 % des professionnels interrogés déplorent la lenteur des opérations de dédouanement, un facteur critique pour le transport de denrées périssables. Par ailleurs, les pratiques de corruption sont signalées par 56 % des commerçants, qui évoquent des exigences de paiements informels pour faciliter le transit des marchandises. Les comportements hostiles de certains agents et une rigidité excessive dans l'application des normes complètent un tableau marqué par de multiples tracasseries.
Le décalage entre l'infrastructure technologique, comme l'application du système informatique CAMCIS, et la réalité des usages de terrain interroge sur l'efficacité de l'encadrement frontalier. Si l'administration dispose d'unités opérationnelles sur les points de passage stratégiques, les défaillances relevées par la CEA soulignent l'urgence d'une réforme de la gouvernance locale. La réussite de l'intégration régionale et la maximisation des recettes dépendront de la capacité des autorités à transformer les postes de contrôle en véritables catalyseurs de commerce plutôt qu'en zones de captation informelle.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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