Intégration régionale : Le Cameroun adopte le Tarif extérieur commun CEEAC-CEMAC
Dernière mise à jours il y'a 13 heuresDepuis le 1er janvier 2026, la direction générale des Douanes a officialisé l'entrée en vigueur au Cameroun du Tarif extérieur commun (TEC) harmonisé entre la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) et la CEMAC.
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Ce nouveau dispositif, approuvé en octobre 2024 par les onze États membres de la CEEAC, vise à gommer les disparités tarifaires qui freinaient jusqu'alors la fluidité des échanges. En alignant ses barrières douanières sur ce standard élargi, Yaoundé se positionne comme le moteur d'un espace économique passant de 50 millions à près de 200 millions de consommateurs, renforçant ainsi la compétitivité d'un bloc régional en quête de cohérence face à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Le nouveau barème douanier s'articule autour d'une nomenclature rigoureuse, avec des taux oscillant entre 0 % et 40 % selon la nature et la priorité stratégique des marchandises. Les intrants essentiels au développement technologique et agricole, tels que les semences de céréales ou les équipements liés à l'aviation, bénéficient d'une taxation nulle pour encourager la modernisation des infrastructures. À l'opposé, les produits de grande consommation importés hors de la zone, à l'instar des viandes, des poissons et des crustacés, subissent un prélèvement de 20 % afin de protéger la production locale. Le taux maximal de 40 % est réservé aux produits jugés non prioritaires ou sensibles, notamment les tabacs, les boissons toniques, la poudre de cacao transformée à l'extérieur, ainsi que les articles de prêt-à-porter et les accessoires de coiffure.
Cette réforme est l'aboutissement d'un long processus de négociations entamé en 2019, soutenu techniquement par l'Organisation mondiale des douanes (OMD) et l'Union européenne. Les feuilles de route nationales élaborées au cours de l'année 2025 ont permis d'affiner les mécanismes d'imposition pour les secteurs industriels et médicaux. Si les pièces d'équipement médical ne sont taxées qu'à 5 %, les machines industrielles et les matériaux de construction comme le ciment se voient appliquer des droits allant de 5 % à 20 %. Cette sélectivité tarifaire illustre une volonté de favoriser l'industrialisation par substitution aux importations, tout en maintenant des coûts accessibles pour les besoins de santé publique et le développement des infrastructures ferroviaires et maritimes de la sous-région.
Malgré cette avancée institutionnelle, des défis structurels persistent pour dynamiser un commerce intra-régional qui stagne encore sous la barre des 3 % par an. La persistance de barrières non tarifaires, la diversité des régimes de TVA et le maintien de droits d'accise nationaux distincts constituent autant de freins à une intégration totale. Néanmoins, l'application uniforme de droits de douane aux frontières extérieures de la communauté permet de limiter les détournements de trafic et de stabiliser les recettes douanières. Pour le Cameroun, ce basculement vers le tarif CEEAC-CEMAC en ce début d'année 2026 est un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux : l'Afrique centrale s'organise désormais comme un marché unifié, capable de peser davantage dans les négociations commerciales mondiales.
Bernardo Ndjomo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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