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Import - Substitution : Vers une suspension des importations de maïs

Dernière mise à jours il y'a 2 heures

Le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a préconisé dans une correspondance adressée le 8 mai 2026 au Ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, l’arrêt immédiat de l’octroi des permis d'importation de maïs.

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Cette orientation, qualifiée de mesure de sauvegarde, répond à la détresse des producteurs locaux qui font face à des stocks invendus massifs, alors que les cargaisons étrangères continuent d'inonder le marché national.

Les statistiques de l'exercice 2025 mettent en lumière une situation critique. Bien que la facture des achats extérieurs ait connu une légère contraction de 7,8 %, le pays a tout de même décaissé 10,2 milliards de FCFA pour l'acquisition de 72 586 tonnes de céréales. Ce flux intervient dans un contexte où la production interne a pourtant progressé, atteignant 2,36 millions de tonnes en 2024 contre 1,98 million quatre ans plus tôt. Malgré cette croissance, le volume local peine à s'imposer face à une offre internationale dont la compétitivité tarifaire séduit les industriels de l'élevage.

L'analyse des coûts révèle un fossé structurel entre le produit national et celui issu du commerce mondial. En mai 2026, la tonne de maïs importée s'échangeait entre 131 000 et 155 000 FCFA, tandis que l'offre camerounaise oscillait dans une fourchette nettement plus haute, allant de 140 000 à 255 000 FCFA. Cette disparité provient essentiellement d'un déficit de productivité, avec un rendement moyen stagnant à 1,8 tonne par hectare au Cameroun, contre 6,4 tonnes en Afrique du Sud.

Pour inverser cette tendance, l'État a mobilisé une enveloppe de 6 milliards de FCFA en avril 2026 afin de soutenir les exploitants via la Banque Camerounaise des PME. L'objectif est de réduire les charges d'exploitation, actuellement estimées à 428 000 FCFA par hectare, pour abaisser le prix de revient final. En verrouillant l'accès aux licences d'importation, le gouvernement entend contraindre les acteurs économiques à s'approvisionner auprès des bassins de production locaux, garantissant ainsi la survie d'une filière essentielle à l'équilibre nutritionnel du pays.


BCN

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